ANGLE DOMINANT
Paris place la crise Ebola en RDC sous le signe du retard de réaction et de l'absence totale d'outils thérapeutiques, insistant sur les risques d'une propagation régionale difficile à contenir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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91 décès vraisemblablement liés à Ebola selon le ministre congolais, 395 cas suspects selon l'Africa CDC au 18 mai
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La souche Bundibugyo, taux de létalité 30-50 %, ne dispose d'aucun vaccin ni traitement approuvé
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Le virologue Jean-Jacques Muyembe (codécouvreur d'Ebola, 1976) a alerté l'AFP : l'épidémie « va se répandre très rapidement » dans une province très peuplée
ANALYSE
Paris, 18 mai 2026. L'Organisation mondiale de la santé a déclenché le 17 mai son deuxième niveau d'alerte internationale le plus élevé face à l'épidémie d'Ebola qui frappe la province de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Selon les chiffres communiqués par le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, 91 décès sont vraisemblablement liés au virus, pour environ 350 cas suspects répertoriés. Jean Kaseya, directeur général de l'Africa CDC, faisait état lundi 18 mai de 104 décès et 395 cas suspects, des données qui illustrent la progression rapide de l'épidémie.
Ce qui distingue cette flambée des précédentes, c'est avant tout la souche en cause : Bundibugyo, un variant rare qui n'a provoqué que deux épidémies mondiales avant celle-ci — en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Il n'existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre cette souche, dont le taux de létalité atteint 30 à 50 %. Les vaccins anti-Ebola disponibles ne sont efficaces que contre la souche Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières. La prise en charge repose donc exclusivement sur le diagnostic précoce, l'isolement des malades et le traçage des contacts.
Le virologue Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur d'Ebola en 1976, a averti l'AFP : « C'est une épidémie qui va se répandre très rapidement d'autant plus qu'elle survient sur une province très peuplée. » Le Monde souligne que l'alerte a été déclenchée trop tard — officiellement déclarée seulement le 15 mai — et que l'épicentre, localisé dans la ville minière de Mongbwalu, est alimenté par d'intenses flux migratoires liés à l'activité aurifère. La province est par ailleurs sous état de siège depuis 2021, rendant l'accès de certaines zones difficile pour les équipes sanitaires.
Le virus a déjà dépassé les frontières de l'Ituri. Un cas confirmé a été signalé à Goma, ville d'un million d'habitants sous contrôle du groupe armé M23, à plus de quinze heures de route du foyer initial. Deux décès ont été enregistrés en Ouganda. L'Africa CDC estime le risque de propagation aux pays frontaliers « élevé ».
Face à cette situation, les États-Unis ont annoncé des contrôles sanitaires dans les aéroports pour les voyageurs en provenance des zones touchées, ainsi que des restrictions de visa pour les ressortissants étrangers ayant transité par la RDC, l'Ouganda ou le Soudan du Sud dans les vingt et un derniers jours. Un citoyen américain, testé positif en RDC, doit être transféré en Allemagne pour y être traité. Washington, qui s'est officiellement retiré de l'OMS en 2025, agit ici en dehors du cadre multilatéral.
SOURCES (5)
- 20 MinutesMOYEN
