Le 17 mai 2026, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré l'épidémie d'Ebola sévissant en République démocratique du Congo et en Ouganda urgence de santé publique de portée internationale, son niveau d'alerte le plus élevé. Au moment de la déclaration, le bilan s'établissait à environ 88 morts suspects pour plus de 300 cas recensés, avec une progression rapide des chiffres.
La souche en cause est la variante Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement approuvé n'existe, contrairement aux souches Zaïre responsables des épidémies précédentes. Le diagnostic a été retardé de plusieurs semaines : les tests de laboratoire locaux, calibrés pour la souche Zaïre, ont rendu des résultats faussement négatifs. Le virus a franchi une frontière internationale et atteint l'Ouganda, dont Kampala, avant que les mécanismes d'endiguement ne soient pleinement opérationnels.
La crise s'inscrit dans un contexte de fragilité institutionnelle. L'est du Congo reste traversé par des conflits armés actifs qui limitent l'accès humanitaire dans des zones touchées comme l'Ituri et Goma, ville frontalière du Rwanda. La détection tardive met en lumière la vulnérabilité des laboratoires périphériques face aux variants rares.
Plusieurs points restent disputés. Des acteurs relient directement le retard de détection au retrait américain de l'OMS en 2025 et aux réductions de l'USAID, qui auraient affaibli la surveillance de terrain ; d'autres rapportent les mesures américaines sans établir ce lien, soulignant le maintien d'équipes CDC et de financements bilatéraux d'urgence. L'évaluation du risque pour les populations nationales et la portée des restrictions de voyage font également l'objet de lectures divergentes selon la proximité géographique et la connectivité économique des pays avec l'Afrique centrale.