ANGLE DOMINANT
Islamabad décrypte la crise de Ceuta à travers le prisme des dépêches occidentales, s'attardant sur l'hypothèse d'une frontière marocaine volontairement relâchée et sur la récupération politique du drame par la droite transatlantique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Jusqu'à 60 000 migrants ont franchi la frontière en 24-48h, soit l'équivalent de 70% de la population de Ceuta (80 000 habitants), selon Juan Jesús Vivas
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Bilan de 41 à 57 morts selon les sources, l'Espagne affirmant avoir renvoyé au Maroc environ 48 300 personnes dès vendredi soir
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L'Italie suspend l'accord Schengen avec l'Espagne pour un mois, avec des contrôles ciblés sur les voyageurs non européens et un renforcement coordonné avec la France
ANALYSE
Islamabad, 1er août 2026. La presse pakistanaise, largement alimentée par les dépêches Reuters et AFP, couvre la crise de Ceuta comme un révélateur des tensions migratoires européennes plutôt que comme un événement isolé. Selon les chiffres relayés par Dawn et Daily Times, jusqu'à 60 000 migrants ont franchi en l'espace de 24 à 48 heures la frontière séparant le Maroc de l'enclave espagnole, un afflux équivalent à 70% de la population de la ville (80 000 habitants), selon le président local Juan Jesús Vivas. Le bilan humain reste flou : le ministère espagnol de l'Intérieur évoque 57 corps retrouvés côté espagnol, quand d'autres sources parlent d'au moins 41 morts. Vivas a qualifié la situation d'« absolument insoutenable ».
Le premier ministre Pedro Sánchez, qui s'est rendu à Ceuta, a dénoncé une « violation de l'intégrité territoriale » de l'Espagne et rejeté la responsabilité sur les réseaux de passeurs, accusés de « tromper » de jeunes migrants et de les conduire « à la mort ». Madrid affirme avoir renvoyé au Maroc l'essentiel des arrivants, environ 48 300 personnes vendredi soir.
Un long décryptage de Dawn s'attarde sur la question, jugée sensible, d'une possible complaisance marocaine : le journaliste Ignacio Cembrero note que les forces marocaines « sont restées les bras croisés » aux abords de la frontière, tandis que le chercheur Carlos Echeverria évoque, non sans controverse, le terme d'« invasion ». L'ampleur de l'épisode, comparée aux 12 000 franchissements de mai 2021, alimente cette lecture.
Sur le plan diplomatique, la presse locale relaie la suspension par l'Italie de l'accord Schengen avec l'Espagne pour un mois, décidée par Giorgia Meloni au nom de la « sécurité nationale », avec des contrôles ciblés sur les voyageurs non européens et un renforcement coordonné avec la France. Des critiques la jugent toutefois largement symbolique, aucun élément n'indiquant que les migrants de Ceuta visaient l'Italie.
Enfin, la récupération politique par Donald Trump, qui a présenté l'image de Ceuta comme un avertissement électoral pour les États-Unis, est rapportée comme illustration d'une droite transatlantique en quête de mobilisation, alors que sa cote de popularité recule sous les 30%.
SOURCES (3)
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
