ANGLE DOMINANT
Moscou dénonce l'hypocrisie européenne dans la crise de Ceuta, pointant le refus de Bruxelles de blâmer le Maroc alors qu'elle n'hésite jamais à accuser la Russie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Jusqu'à 60 000 migrants ont franchi la frontière en 24 heures, avec un bilan de 34 à 57 morts selon les sources (RT: 41, Sputnik: 15 corps retrouvés au large).
- 02
Plus de 48 000 à 53 000 migrants ont déjà été renvoyés au Maroc, selon des sources sécuritaires citées par Sputnik et le quotidien 20minutos.
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L'Italie a suspendu vendredi soir la libre circulation Schengen avec l'Espagne ; la Pologne, l'Autriche, le Danemark, la Suède et la Tchéquie ont imputé la crise à la politique migratoire de Pedro Sánchez.
ANALYSE
Moscou, 1er août 2026. Pour la presse russe, la crise de Ceuta expose moins une défaillance espagnole qu'une hypocrisie structurelle de l'Union européenne. En vingt-quatre heures, jusqu'à 60 000 migrants ont franchi la frontière séparant le Maroc de l'enclave espagnole, selon les estimations relayées par TASS et Sputnik, faisant passer la population de la ville de 80 000 à près de 140 000 habitants en quelques heures. Le bilan humain reste flou : RT évoque 41 morts, Sputnik rapporte la découverte de 15 corps au large tandis que d'autres sources citent jusqu'à 57 victimes, la plupart noyées en tentant de contourner les brise-lames de Tarajal à la nage.
Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui s'est rendu sur place, a qualifié l'afflux d'« attaque » et de « violation de l'intégrité territoriale » du royaume, rapporte TASS. Madrid affirme avoir déjà renvoyé au Maroc plus de 48 000 à 53 000 arrivants, selon des sources sécuritaires citées par Sputnik et le quotidien 20minutos.
Mais c'est la réaction du reste de l'Europe qui retient l'attention de RT, dans un article au titre explicite : « Comment l'attaque migratoire contre l'Espagne a brisé l'illusion de la solidarité européenne ». Le média russe pointe le contraste entre les déclarations « tièdes » de Bruxelles sur la solidarité, son refus de blâmer Rabat pour l'ouverture de sa frontière, et l'empressement de plusieurs capitales européennes à accuser Madrid. L'Italienne Giorgia Meloni a été la première à réclamer l'exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen ; Rome a suspendu dès vendredi soir la libre circulation avec Madrid. Le Polonais Donald Tusk, l'Autrichien Christian Stocker, la Danoise Mette Frederiksen, le Suédois Ulf Kristersson et le Tchèque Andrej Babiš ont tous, à des degrés divers, imputé la crise à la politique migratoire de Pedro Sánchez, critiqué pour avoir régularisé 500 000 sans-papiers trois mois plus tôt.
RT y voit une « hypocrisie de la guerre hybride » : quand Bruxelles peut accuser Moscou, note le média, le ton est tout autre. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a répliqué en réclamant « de la solidarité européenne, pas de la démagogie partisane » face à l'Italie. Sánchez a de son côté refusé de décréter l'état d'urgence nationale malgré les appels des autorités locales de Ceuta, se contentant du déploiement d'une soixantaine de militaires — jugé dérisoire par la droite européenne.
SOURCES (3)
- SputnikMOYEN
