ANGLE DOMINANT
Berlin mesure l'impasse arithmétique ouverte par ce scrutin : l'AfD n'a pas la majorité, mais aucune coalition anti-AfD n'est plus possible sans le BSW.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'AfD obtient 43,8 % des voix (résultat provisoire définitif), soit 23 points de plus qu'en 2021, et remporte 39 des 83 sièges du Landtag — il lui en manque 3 pour la majorité absolue fixée à 42.
- 02
Le BSW, donné pour politiquement mort avant le scrutin, franchit de justesse la barre des 5 % et entre au Landtag, rendant impossible toute coalition de tous les partis contre l'AfD — Wagenknecht a déclaré à la dpa qu'une telle tentative serait « un affront envers les électrices et les électeurs ».
- 03
La CDU s'effondre à 17,2 % (environ la moitié de ses voix de 2021, 15 sièges) ; le social-démocrate Ralf Stegner évoque trois scénarios pour la coalition fédérale, dont de nouvelles élections qui pourraient devenir une « marche triomphale » pour l'AfD.
ANALYSE
Berlin, 7 septembre 2026. Le résultat provisoire définitif de l'élection régionale de Sachsen-Anhalt fixe l'AfD à 43,8 % des voix, un bond de 23 points par rapport à 2021, qui lui vaut 39 des 83 sièges du Landtag. Il lui en manque trois pour la majorité absolue, fixée à 42. La CDU s'effondre à 17,2 %, perdant environ la moitié de ses électeurs de 2021, et ne conservera que 15 sièges — un « fiasco », selon l'ancien ministre SPD de la Santé Karl Lauterbach, pour qui « les pertes de la CDU sont aussi les nôtres ». Les Verts progressent à 8,9 % (+3 points), Die Linke recule à 8,6 % (−2,4) et le SPD se maintient à 9,3 %.
Le fait qui redessine le rapport de forces vient d'ailleurs : le Bündnis Sahra Wagenknecht, donné pour politiquement mort après des semaines de crise interne, franchit de justesse la barre des 5 % et entre au Landtag. Conséquence arithmétique : l'AfD n'a pas de majorité à elle seule, mais une alliance de tous les autres partis contre elle devient elle aussi impossible, Wagenknecht s'y refusant. « La seule tentative de forger encore une coalition du cordon sanitaire serait un affront envers les électrices et les électeurs », a-t-elle déclaré à la dpa. Le chef de file de l'AfD, Ulrich Siegmund, dit vouloir « rendre à l'Allemagne sa souveraineté nationale » tout en tendant « la main à toutes les forces » prêtes à un « changement de cap fondamental ».
À Berlin, l'inquiétude porte sur la coalition fédérale CDU-SPD. Le social-démocrate Ralf Stegner énumère trois issues si elle se rompait : la CDU gouvernant avec l'AfD, qu'il juge improbable ; un gouvernement minoritaire adossé à une majorité de droite ; ou de nouvelles élections qui pourraient devenir une « marche triomphale » pour l'AfD. Côté CDU, le chef de groupe Thorsten Frei parle d'une « rupture » et d'un « défi pour nous tous », mais écarte tout débat sur l'avenir du chancelier Friedrich Merz ; la secrétaire générale Franziska Hoppermann exclut « catégoriquement » toute coalition avec l'AfD. Le chef des Verts Felix Banaszak appelle « tous les partis démocratiques » à prendre au sérieux la « profonde crise de confiance » qui frappe les institutions, tout en mettant en garde l'Union contre la tentation d'accélérer encore ses réformes.
Sur le terrain à Wittenberg, un candidat CDU local, Nico Elsner, décrit des élus AfD rejetant systématiquement les propositions venant d'autres partis, quel qu'en soit le fond. La participation a atteint 77,8 %.
SOURCES (3)
- ZEIT OnlineMOYEN
- FAZMOYEN
- HandelsblattMOYEN
