ANGLE DOMINANT
Rome se fracture entre l'enthousiasme de Matteo Salvini pour l'AfD et la mise en garde d'Antonio Tajani, tandis que la presse transalpine pointe le blocage arithmétique qui empêche toute majorité en Saxe-Anhalt.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'AfD obtient 39 sièges sur 83, à trois sièges de la majorité absolue fixée à 42, selon les projections détaillées par La Repubblica.
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Matteo Salvini a salué sur les réseaux sociaux « un succès retentissant » de l'AfD, quand Antonio Tajani (Forza Italia) y voit une « force politique antithétique aux valeurs libérales et occidentales », rapporte Adnkronos.
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Les journalistes français et italiens se sont vu refuser l'accréditation à la soirée électorale de l'AfD à Magdebourg, selon La Repubblica.
ANALYSE
Rome, 7 septembre 2026. La percée de l'Alternative für Deutschland (AfD) en Saxe-Anhalt fracture ouvertement la classe politique italienne, à deux semaines des scrutins de Berlin et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, prévus le 20 septembre. Le vice-Premier ministre et chef de la Ligue, Matteo Salvini, a salué sur les réseaux sociaux « un succès retentissant » de son « amie Alice Weidel », signe selon lui d'une « forte demande de changement, de sécurité et de travail », raillant ceux qui « à gauche alimentaient peurs et scénarios catastrophistes » : « Peur ? Terreur ? Danger ? Non, cela s'appelle la démocratie. Une autre Europe est possible », a-t-il écrit, rapporte Adnkronos. Roberto Vannacci, chef de Futuro Nazionale, s'est lui moqué du chancelier Friedrich Merz, qu'il dit « atteint d'un ulcère ».
Mais Adnkronos souligne que Salvini exulte « presque seul ». Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères et chef de Forza Italia, parle d'une « mauvaise nouvelle » et d'une « force politique antithétique aux valeurs libérales et occidentales » de son parti, appelant l'Union européenne à une « prise de conscience ». À gauche, Angelo Bonelli (Europa Verde) évoque « un signal d'alarme pour toute l'Europe » ; Riccardo Magi (+Europa) parle d'un « nuage noir » qui s'étend « aussi en Italie ».
Les premières estimations diffusées dimanche soir donnaient l'AfD à 44,5 %, chiffre relayé en boucle par les chaînes italiennes ; le résultat provisoire définitif l'a ensuite ramenée à 43,8 %, un écart que plusieurs titres n'ont pas toujours pris soin de distinguer.
La presse italienne insiste sur l'arithmétique qui bloque encore tout gouvernement : l'AfD obtient 39 sièges sur 83, il lui en manque trois pour la majorité absolue fixée à 42, et le Bündnis Sahra Wagenknecht, crédité d'un peu plus de 5 %, devient l'arbitre d'une équation où aucune coalition anti-AfD ne dispose plus, elle non plus, d'une majorité. La Repubblica relève un détail révélateur : les journalistes français et italiens se sont vu refuser l'accréditation à la soirée électorale de l'AfD à Magdebourg. ANSA note enfin que le « cordon sanitaire » vacille jusque dans la CDU de Friedrich Merz, dont le gouverneur sortant Sven Schulze a reconnu : « c'est le parti le plus fort désormais ».
SOURCES (3)
- AdnkronosMOYEN
