ANGLE DOMINANT
Budapest salue dans le score saxon-anhaltin de l'AfD un signal envoyé à toute l'Europe, pendant que Varsovie se déchire sur la même nouvelle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'AfD obtient 39 des 83 sièges (43,8 % des voix, résultat provisoire définitif), à trois sièges de la majorité absolue fixée à 42
- 02
Viktor Orbán a félicité l'AfD sur X dès dimanche soir : « Grande soirée pour l'Allemagne et l'Europe. Accrochez-vous ! Ce n'est que le début ! »
- 03
Donald Tusk a qualifié d'« idiots ou de traîtres » ceux qui, en Pologne, dans la Confédération et au PiS, ont célébré la victoire de l'AfD
ANALYSE
Budapest, 7 septembre 2026. Dès dimanche soir, avant la confirmation du résultat provisoire définitif de 43,8 % de l'Alternative für Deutschland (AfD) en Saxe-Anhalt, Viktor Orbán a réagi sur X : « Grande soirée pour l'Allemagne et l'Europe. Accrochez-vous ! Ce n'est que le début ! » Le premier ministre hongrois a aussi félicité nommément Alice Weidel et Ulrich Siegmund pour ce qu'il a appelé une « victoire en glissement de terrain » — une lecture qui anticipait le décompte final : l'AfD obtient 39 des 83 sièges du Landtag, à trois sièges de la majorité absolue fixée à 42.
La presse hongroise (Telex, 444, HVG) souligne que cet enthousiasme n'est pas isolé. Matteo Salvini a rejoint Orbán en qualifiant le résultat de succès écrasant, dénonçant « la gauche qui sème la peur et fabrique des scénarios catastrophes ». Mais l'écho européen se fracture ailleurs : le premier ministre polonais Donald Tusk a publiquement traité d'« idiots ou de traîtres » ceux qui, dans la Confédération et au PiS, ont célébré la percée de l'AfD, rappelant que le parti allemand prône l'allègement des sanctions contre la Russie et la reprise des importations de gaz russe.
Les médias hongrois relaient aussi les mises en garde internes allemandes : Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, dit sa consternation ; Sven Schulze (CDU), premier ministre sortant, reconnaît la défaite de son parti, tombé à 17,2 % après 37,1 % en 2021. HVG cite le rédacteur en chef du Spiegel, qui impute d'abord l'échec au chancelier Friedrich Merz, et n'évoque au mieux qu'une « coalition Frankenstein » pour tenir l'AfD à l'écart du pouvoir — sans qu'aucune majorité alternative ne soit acquise à ce stade.
Telex rappelle qu'Ulrich Siegmund a exclu tout compromis et réclame de gouverner seul, tandis qu'Alice Weidel affirme que le parti ne refuse la coopération avec personne et dénonce la pratique du « cordon sanitaire » des partis centristes à son égard. Aucun gouvernement n'est formé à ce stade : le nouveau Landtag doit siéger au plus tard le 6 octobre, sans texte fixant de délai pour l'élection d'un nouveau ministre-président.
SOURCES (3)
- 444MOYEN
- TelexMOYEN
- HVGMOYEN
