ANGLE DOMINANT
Riyad désamorce d'emblée le débat sur la nature du pacte de La Mecque : ni axe militaire, ni bloc confessionnel, insiste-t-elle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Communiqué SPA : « Toute attaque armée contre l'un des trois États sera considérée comme une attaque contre eux tous »
- 02
Le vice-ministre saoudien à la Diplomatie publique Rayed Krimly affirme que le pacte n'est « ni un axe militaire ni un bloc confessionnel » et n'est lié à aucune ambition nucléaire
- 03
Signature au palais Al-Safa, à La Mecque, par Mohammed ben Salmane, Erdoğan et Sharif — ce dernier accompagné du chef d'état-major Asim Munir
ANALYSE
Riyad, 8 août 2026. Vendredi, au palais Al-Safa, le prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane a reçu le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, accompagné du chef d'état-major Asim Munir, pour signer l'accord de défense conjointe de La Mecque. Selon l'agence officielle SPA, citée par Asharq Al-Awsat et Saudi Gazette, « toute attaque armée contre l'un des trois États sera considérée comme une attaque contre eux tous ». Le texte ancre la clause dans les liens historiques, la solidarité islamique et une coopération de défense déjà étroite entre les trois capitales.
Mais la communication saoudienne s'est concentrée, dès la signature, sur un correctif préventif. Le vice-ministre à la Diplomatie publique Rayed Krimly a affirmé que l'accord « n'est pas destiné à établir un axe militaire ou un bloc confessionnel » et n'est « lié à aucune ambition nucléaire ni à une course aux armements ». Il a précisé que le pacte ne se fait pas aux dépens des relations stratégiques de Riyad avec ses partenaires du Golfe, arabes et internationaux, et qu'il ne remplace aucun accord bilatéral ou multilatéral existant, y compris ceux liant les trois pays à d'autres puissances. Le pacte, a-t-il insisté, ne menace la sécurité d'aucun pays de la région et ne doit pas être lu comme une escalade entre deux États.
Riyad situe la clause de défense collective dans la continuité d'une négociation menée sur plusieurs années, non comme une réaction improvisée. La visite de Sharif, arrivé à Jeddah dès jeudi soir avec une délégation de haut niveau incluant le vice-Premier ministre Mohammad Ishaq Dar, avait été présentée côté pakistanais comme dépassant « la crise actuelle et les considérations de court terme » — une manière, pour Riyad aussi, de replacer l'accord dans le temps long du partenariat plutôt que dans l'urgence régionale.
La version saoudienne ne mentionne ni l'Iran, ni les Houthis, ni Israël, ni l'OTAN, contrairement aux lectures turque ou indienne relayées ailleurs. Elle reste centrée sur le vocabulaire de la dissuasion collective et de la stabilité, sans désigner d'adversaire déclaré.
SOURCES (2)
- Asharq Al-Awsat ENMOYEN
