ANGLE DOMINANT
Rome décortique un récit à plusieurs voix : le choc rapporté par Oslo, le drone abattu près de Chisinau, et la source ukrainienne qui qualifie d'« exagérée » la reconstruction du danger.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a déclaré à la NRK que l'avion de Zelensky a été « quasi colpito da un drone » en décollant de Moldavie.
- 02
Le drone russe ayant provoqué la fermeture temporaire de l'espace aérien a été abattu à environ 160 km de l'aéroport de Chisinau, selon Adnkronos.
- 03
Une source de la présidence ukrainienne a qualifié d'« esagerata » (exagérée) la reconstruction selon laquelle Zelensky aurait été en danger direct.
ANALYSE
Rome, samedi 12 septembre 2026. La presse italienne restitue un épisode aux récits imbriqués : l'avion de Volodymyr Zelensky, en route vers Oslo pour les funérailles du roi Harald V, a « presque été touché par un drone » au décollage de Moldavie, selon le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, cité par ANSA, Adnkronos et Libero Quotidiano. « Il suo velivolo è stato quasi colpito da un drone mentre decollava dalla Moldavia. Questa è la realtà in cui vive », a-t-il déclaré à la chaîne publique NRK, précisant avoir appelé Zelensky le matin même pour prendre de ses nouvelles. Arrivé à Oslo le soir même, le président ukrainien y a rencontré le ministre des Affaires étrangères Espen Barth Eide et le ministre des Finances Jens Stoltenberg, ancien secrétaire général de l'Otan.
Adnkronos précise que le décollage depuis Chisinau avait été retardé par la fermeture temporaire de l'espace aérien, provoquée par l'incursion d'un drone russe, abattu ensuite à environ 160 kilomètres de l'aéroport moldave. L'agence tempère aussitôt : une source de la présidence ukrainienne qualifie d'« exagérée » (esagerata) la reconstruction selon laquelle Zelensky aurait couru un danger direct — un désaveu feutré qui contraste avec l'alarme donnée par Oslo.
Libero Quotidiano choisit un registre plus dramatique, titrant que le président ukrainien serait passé « à deux pas de la mort », et rappelant que l'attribution de l'engin à Moscou reste, pour le quotidien, la première piste envisagée compte tenu de la guerre en cours — évoquant aussi la trêve de trois jours annoncée côté russe pour tenter de rouvrir le dialogue.
ANSA replace l'épisode dans un contexte plus large : le même jour, un raid de drones russes a visé le poste-frontière de Starokozache, entre Ukraine et Moldavie, faisant deux morts, tandis que le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov évoquait une « volonté politique commune » de reprendre des négociations trilatérales avec Kiev et Washington — sans revenir sur l'incident aérien. Le lien entre les deux épisodes reste, selon l'agence, à établir.
De son côté, Zelensky n'a pas commenté publiquement le survol, préférant détailler sur les réseaux les frappes russes de la nuit sur Soumy, Mykolaïv et la région de Kiev, faisant état de plusieurs morts et blessés, avant de se rendre au Canada pour rencontrer le premier ministre Mark Carney.
Pour la presse romaine, l'épisode illustre moins une preuve stabilisée qu'un empilement de récits partiels — norvégien, ukrainien, russe — que seule une enquête pourrait départager.
SOURCES (3)
- AdnkronosMOYEN
- Libero QuotidianoMOYEN
