ANGLE DOMINANT
Moscou mesure l'inondation de Bangkok à l'aune de ses propres touristes, entre excursions annulées et décrue attendue en fin de semaine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Près de 300 mm de pluie sont tombés en deux jours sur Bangkok, selon le gouverneur Chadchart Sittipunt cité par Vedomosti, provoquant l'état de catastrophe dans les 50 districts de la ville samedi 26 septembre.
- 02
Deux morts ont été recensés dans la province de Chanthaburi — un moine dans un glissement de terrain, une personne dans le naufrage d'un bateau de pêche — et un décès supplémentaire signalé à Bangkok par le quotidien Matichon, selon RT.
- 03
L'Association russe des opérateurs touristiques a annoncé le 26 septembre l'annulation d'une partie des excursions à Bangkok, tandis que Vedomosti situe la décrue attendue autour du 28 et du 29 septembre.
ANALYSE
Moscou, 27 septembre 2026. La presse russe suit la catastrophe qui frappe Bangkok sous un angle résolument pratique. Vedomosti rapporte que le gouverneur de la capitale thaïlandaise, Chadchart Sittipunt, a fait état de près de 300 millimètres de pluie tombés en deux jours, avant que l'état de catastrophe ne soit décrété samedi 26 septembre dans les 50 districts de la ville. Selon le communiqué cité par le journal, malgré le pompage continu, l'inondation a touché des habitations et des routes, notamment près des canaux de Lat Phrao, Prawet et Saen Saep.
RT détaille de son côté le bilan humain : deux morts dans la province de Chanthaburi — un moine emporté par un glissement de terrain, une autre personne dans le naufrage d'un bateau de pêche —, selon le département thaïlandais de prévention des catastrophes, auquel s'ajoute un décès signalé à Bangkok par le quotidien Matichon. L'armée royale thaïlandaise a déployé des militaires, dressé des abris temporaires et installé des cuisines de campagne. Le service météorologique thaïlandais prévenait encore de fortes pluies, la mousson du sud-ouest se renforçant, avec un risque de crues éclair et de glissements de terrain.
Ce que la presse russe met en avant, c'est d'abord l'impact concret sur les ressortissants russes présents sur place. L'Association russe des opérateurs touristiques a indiqué le 26 septembre qu'une partie des excursions prévues à Bangkok avait été annulée en raison des pluies. Vedomosti précise que la décrue est attendue pour le 28 et le 29 septembre, un délai suivi de près par le secteur touristique.
Le journal élargit le cadre en rappelant qu'à la fin du mois d'août, le Népal avait connu une crue dévastatrice : une coulée d'eau, de pierres et de boue avait rayé des villages entiers de la carte, détruisant habitations, routes, ponts et centrales électriques, avec un bilan de 1 403 morts selon les derniers chiffres cités. Cette mise en regard situe Bangkok dans une série régionale de désastres liés à la mousson, sans lien de causalité établi.
Sur le plan strictement thaïlandais, la couverture russe reste sobre : pas d'analyse de la gestion de crise par les autorités de Bangkok, ni de mise en cause de l'urbanisme d'une capitale construite sur un delta traversé de canaux aujourd'hui débordés. L'accent porte sur les chiffres — millimètres de pluie, morts, mètres cubes pompés — et sur la question, plus immédiate pour le lectorat russe, de savoir quand la ville redeviendra praticable pour les voyageurs.
