ANGLE DOMINANT
Rome dénonce la gestion migratoire de Madrid tout en resserrant ses propres frontières, suspendant Schengen avec l'Espagne dès les premiers signes de la crise de Ceuta.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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48 300 migrants sur environ 60 000 arrivés à Ceuta sont déjà repartis vers le Maroc, selon le gouvernement espagnol cité par La Repubblica.
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L'Espagne a entamé samedi à 7h50 l'installation d'une barrière flottante au large du môle du Tarajal, à Ceuta.
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Le ministre italien Antonio Tajani a dénoncé « la gauche idéologique » de Sánchez, estimant qu'elle « donne l'illusion qu'il y a de la place pour tout le monde ».
ANALYSE
Rome, 2 août 2026. Le gouvernement italien a suspendu les accords de Schengen avec l'Espagne, imposant dès ce week-end les premiers contrôles aux arrivées en provenance de la péninsule ibérique à l'aéroport de Fiumicino. La décision, rapportée par La Repubblica sous le titre « Stop Schengen, a Fiumicino i primi controlli », intervient alors que Madrid réclame une réunion d'urgence de l'Union européenne face à l'afflux d'environ 60 000 personnes entrées à Ceuta depuis le Maroc.
Selon le gouvernement espagnol, cité par le quotidien romain, 48 300 migrants sont déjà repartis vers le Maroc. Face aux arrivées persistantes par la mer, l'Espagne a entamé samedi à 7h50 l'installation d'une barrière flottante au large du môle du Tarajal, pour empêcher les tentatives de franchissement à la nage. La Repubblica décrit une nuit « sans nouvelles entrées irrégulières » mais tendue : dans plusieurs quartiers de Ceuta, des habitants ont dressé des barricades, n'en laissant l'accès qu'aux résidents et aux autorités, invoquant selon le journal madrilène Abc la protection de « leurs mères et leurs sœurs » — tout en récusant toute accusation de racisme.
C'est dans ce climat que le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a pris position, jugeant que « la gauche idéologique » — celle de Pedro Sánchez comme celle de l'opposition italienne — « donne l'illusion qu'il y a de la place pour tout le monde ». Une charge qui replace la crise de Ceuta dans le débat intérieur italien sur l'immigration plutôt que dans la seule solidarité européenne.
Un article de référence de l'agence Ansa rappelle la nature de ces dispositifs : les barrières séparant Ceuta et Melilla du Maroc, conçues par l'Espagne dès 1990, culminent aujourd'hui à six mètres après un rehaussement validé par Frontex, sur 8 kilomètres à Ceuta et 12 à Melilla, équipées de capteurs, de caméras et de vision nocturne — rappel que cette frontière était déjà, avant la crise, l'une des plus surveillées d'Europe.
En suspendant Schengen avec l'Espagne, Rome se distingue des appels à la seule solidarité migratoire : le gouvernement italien choisit une réponse de contrôle immédiat aux frontières intérieures, signe que la fracture européenne évoquée par Madrid dépasse la question des quotas pour toucher au fonctionnement même de l'espace de libre circulation.
