ANGLE DOMINANT
Moscou dénonce la récupération politique de la crise de Ceuta par les dirigeants occidentaux, pointant l'« égoïsme » reproché à plusieurs capitales européennes, le déploiement militaire espagnol et l'empressement de Trump, Musk et l'extrême droite européenne à exploiter le drame.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon Sputnik, le ministre espagnol Fernando Grande-Marlaska a dénoncé l'« égoïsme » de pays européens réclamant la suspension de l'Espagne de Schengen.
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RT relève que sur environ 50 000 à 60 000 migrants entrés à Ceuta, la quasi-totalité serait déjà repartie vers le Maroc, aucun n'ayant atteint le continent selon la Commission européenne.
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TASS rapporte qu'environ 69 500 migrants sont retournés au Maroc en trente heures, tandis que le bilan humain s'élève à 67 morts selon les autorités locales citées par Sputnik et TASS.
ANALYSE
Moscou, 2 août 2026. La presse russe décrypte la crise de Ceuta moins comme un drame migratoire que comme un révélateur des fractures internes à l'Union européenne. Sputnik rapporte que le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a accusé plusieurs pays européens d'« égoïsme » et d'irresponsabilité après que certains ont réclamé la suspension temporaire de l'Espagne de l'espace Schengen. « Nous parlons ici soit de duplicité, soit d'ignorance », a-t-il déclaré, rappelant que Madrid avait partagé par le passé le fardeau migratoire d'autres pays européens et que Ceuta, enclave nord-africaine, n'appartient pas juridiquement à Schengen. L'Italie de Giorgia Meloni a pourtant suspendu ses accords Schengen avec l'Espagne, avec de premiers contrôles instaurés à l'aéroport de Fiumicino.
Le site RT va plus loin et qualifie l'épisode d'« événement médiatique produit pour un effet politique », relevant qu'une quasi-totalité des quelque 50 000 à 60 000 personnes entrées à Ceuta étaient déjà reparties vers le Maroc — selon le commissaire européen aux Affaires intérieures, aucune n'aurait atteint le continent. RT énumère les récupérations politiques : Donald Trump, empêtré selon le média dans « son propre fiasco iranien », aurait qualifié la situation de « catastrophe » pour l'Espagne à l'approche des élections de mi-mandat américaines ; Elon Musk aurait comparé les migrants à des zombies en partageant un extrait du film « World War Z » ; Giorgia Meloni se livrerait à un « théâtre » sur des frontières non concernées ; en France, Jordan Bardella (RN) aurait tenu des propos jugés tout aussi disproportionnés.
Sur le terrain, TASS et Sputnik décrivent un dispositif sécuritaire renforcé : militaires, policiers et gardes civils patrouillent places centrales, stations-service et port de Ceuta, procédant à des contrôles d'identité. Une barrière flottante de 500 mètres, haute de 30 à 70 centimètres, a été installée au large de la plage de Tarajal pour empêcher de nouvelles arrivées par mer. Selon TASS, environ 69 500 migrants seraient retournés au Maroc en trente heures. Le bilan humain reste incertain : 67 morts selon les autorités locales citées par Sputnik et TASS, un chiffre en constante révision. Pour la presse russe, cette confusion illustre le chaos sur le terrain autant que la difficulté des Européens à s'accorder, entre urgence réclamée par Pedro Sánchez et calculs électoraux d'une extrême droite qui s'empare du dossier.
SOURCES (3)
- SputnikMOYEN
