ANGLE DOMINANT
Jérusalem mesure le choc diplomatique d'un mot : Washington, premier allié militaire d'Israël, qualifie des colons de « terroristes », relançant le débat intérieur sur l'inaction du gouvernement face à la violence en Cisjordanie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'ambassadeur américain Mike Huckabee a qualifié les colons assiégeant la famille de Qusra de « terroristes israéliens », un mot inhabituel venant du plus proche allié d'Israël
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Le chef du Conseil Yesha Yisrael Ganz et le chef du conseil de Beit El Shai Alon ont publiquement condamné la violence, évoquant des « dommages irréversibles » pour le mouvement des implantations
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Un sondage du JPPI montre que 37 % des Israéliens juifs soutiennent l'annexion pleine de la Cisjordanie
ANALYSE
Jérusalem, 15 août 2026. Ce n'est pas la position du gouvernement israélien qui a bougé cette semaine, mais celle de son allié le plus indéfectible. Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël et soutien affiché de la droite israélienne, a qualifié de « terroristes israéliens » les colons qui assiègent depuis plusieurs jours des foyers palestiniens à Qusra (Kusra), près de Naplouse. « Les actions de ceux qui font subir cela à cette famille sont criminelles », a-t-il écrit, dénonçant un « acte de terreur horrible ». Le Jerusalem Post en tire une conclusion sans détour : « on sait que la situation est mauvaise quand l'un des plus fermes soutiens d'Israël s'emporte ainsi ». Selon Haaretz, la Maison-Blanche a fini par « intervenir » directement pour réclamer à Israël des explications sur ce siège de cinq jours, visant une famille dont un membre est citoyen américain.
La gestion militaire, elle, tourne à la confusion. Trois jours durant, Tsahal a annoncé, puis démenti, avoir évacué les extrémistes retranchés près des maisons visées ; des unités de réservistes seraient poursuivies pour sympathie envers les colons et refus d'exécuter leur mission. Le chef d'état-major Eyal Zamir a fini par dépêcher un bataillon supplémentaire du Golani. Selon KAN News, un haut responsable de la Maison-Blanche estime qu'Israël « n'en fait pas assez » pour contenir la violence des colons et compte interpeller le bureau du Premier ministre.
Le débat déborde le seul exécutif. Yisrael Ganz, à la tête du Conseil Yesha, a jugé qu'« il n'y a aucune justification » à cette violence, « ni contre des Palestiniens non impliqués, ni contre les forces de sécurité ». Shai Alon, qui dirige le conseil de Beit El, parle de « dommages irréversibles » pour Israël et le mouvement des implantations, accusant l'État de ne pas avoir traité le phénomène « à temps ». L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a lui aussi condamné les faits, invoquant la justice biblique et reprenant l'expression de Huckabee sur un « comportement déstabilisant ».
En toile de fond, un sondage du JPPI publié la même semaine rappelle que 37 % des Israéliens juifs soutiennent l'annexion pleine de la Cisjordanie. Haaretz, qui suit le siège en direct, signale que son correspondant et son photographe ont eux-mêmes été agressés par des colons cette semaine, sous le regard de soldats de Tsahal.
SOURCES (2)
- Jerusalem PostMOYEN
- As settler violence rises, Israelis question the cost of government inaction
- IDF orders, then reverses evacuation of Palestinian homes in West Bank's Kusra
- White House: Israel must do more to prevent settler violence in West Bank
- 'This is not our way': Settler leaders denounce Kusra violence
- Leiter invokes Torah justice in condemning Kusra settler violence
- JPPI poll: 38% of Israeli Jews support West Bank annexation by state
- Haaretz EnglishMOYEN
