ANGLE DOMINANT
Brasília décortique la mécanique judiciaire de la décision : une suspension d'urgence, un examen au fond en décembre et un clivage de 6 juges contre 3, plus qu'un débat sur le sort des expulsés.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Cour suprême a suspendu mardi 29 septembre la décision du juge Brian Murphy et examinera le fond de l'affaire en décembre (Folha, G1, Jornal de Brasília).
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Plus de 25 000 migrants ont été expulsés vers 29 pays selon des organisations de droits humains, la grande majorité vers le Mexique (Folha, G1).
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Selon G1, les autorités n'examinent les risques de persécution ou de torture que si le migrant déclare lui-même craindre ces violences.
ANALYSE
Brasília, 30 septembre 2026. La presse brésilienne rend compte de la décision de la Cour suprême américaine sur un registre surtout procédural. Mardi 29 septembre, selon Folha de S.Paulo et G1, la Cour a autorisé le gouvernement de Donald Trump à reprendre les expulsions de migrants vers des pays qui ne sont pas les leurs, sans leur laisser la possibilité de faire valoir les menaces qu'ils y courent.
Les articles détaillent la mécanique judiciaire. La Cour a fait droit à la demande d'urgence du ministère de la Justice et suspendu la décision du juge fédéral de Boston, Brian Murphy, qui avait jugé illégale la politique du Département de la Sécurité intérieure sur les « pays tiers ». Jornal de Brasília, reprenant l'AFP, précise que ce juge avait établi en février que les personnes visées devaient pouvoir invoquer un risque de persécution ou de torture, et qu'une cour d'appel avait confirmé cette décision le 18 septembre. La Cour examinera le fond du dossier en décembre.
Le clivage interne au tribunal est rapporté en termes chiffrés : une majorité conservatrice de 6 juges contre 3, les trois juges progressistes ayant exprimé leur désaccord avec la reprise immédiate des renvois en attendant l'issue du litige.
G1 consacre un encadré à l'application concrète : un migrant peut être envoyé vers un pays tiers si le gouvernement de ce pays garantit l'absence de persécution ou de torture ; à défaut, la personne doit être informée de sa destination. Les autorités n'examinent les risques que si l'intéressé déclare lui-même craindre ces violences. Les associations de défense des immigrés contestent le dispositif en justice.
L'argumentaire de l'administration est relayé via son conseiller juridique John Sauer, cité par l'AFP : la décision de première instance a causé des « problèmes logistiques importants » et fait annuler un vol vers trois pays transportant 70 étrangers condamnés pénalement. Il qualifie ces renvois d'« outil essentiel » pour expulser « certains des pires criminels étrangers ».
Sur le bilan, la presse brésilienne reprend le décompte des organisations de droits humains : plus de 25 000 migrants expulsés vers 29 pays depuis la mise en oeuvre de la politique l'an dernier, en grande majorité vers le Mexique. G1 cite aussi l'Ouganda, la Guinée équatoriale, le Liberia, la Centrafrique et le Soudan du Sud. Ces renvois s'inscrivent, écrit Folha, dans l'objectif de Trump d'expulsions de masse.
