ANGLE DOMINANT
Paris salue en Sonny Rollins le dernier titan d'un âge d'or irremplaçable, soulignant la singularité d'une carrière qui a traversé plus d'un demi-siècle sans jamais trahir l'exigence créatrice.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sonny Rollins est décédé le 25 mai 2026 à 95 ans dans sa maison de Woodstock, New York, selon son compte X officiel.
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Surnommé le « Saxophone Colossus » d'après son album de 1956, il est considéré comme l'un des plus grands saxophonistes mondiaux aux côtés de Charlie Parker, Coleman Hawkins et John Coltrane.
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Contrairement à de nombreux artistes du jazz d'après-guerre disparus prématurément, Rollins a poursuivi sa carrière au-delà de 80 ans malgré des problèmes respiratoires.
ANALYSE
Paris, 26 mai 2026. La France a appris avec une émotion recueillie la mort de Sonny Rollins, survenue lundi 25 mai dans sa maison de Woodstock, dans l'État de New York. Le saxophoniste ténor avait 95 ans. « C'est avec une profonde tristesse et un immense amour que nous annonçons le décès de Sonny Rollins », a indiqué le compte officiel X de l'artiste, sans préciser les causes du décès.
Pour RFI, qui lui consacre immédiatement un portrait développé, Rollins était « la dernière figure des grands de l'âge d'or du jazz ». La formule résume l'ampleur du deuil : avec lui disparaît le dernier représentant d'une constellation qui comptait Charlie Parker, Coleman Hawkins, Miles Davis, John Coltrane et Thelonious Monk. Ces noms, que les médias français égrènent comme un catalogue de la modernité musicale du XXe siècle, dessinent la généalogie dans laquelle Rollins occupait une place à la fois centrale et solitaire.
Surnommé le « Saxophone Colossus » d'après le titre de son chef-d'œuvre de 1956, Rollins s'est imposé par une puissance novatrice au sein du hard bop — ce jazz intense, débarrassé des contraintes structurelles du genre — que Sud Ouest décrit comme une forme d'affranchissement esthétique autant que philosophique. Reconnaissable ces dernières années à sa chevelure et sa barbe blanches, il incarnait, aux yeux de la presse hexagonale, la figure du musicien total : à la fois virtuose, penseur, et explorateur spirituel.
Ce qui frappe les observateurs français, c'est la longévité exceptionnelle de sa carrière. Contrairement à tant de figures du jazz d'après-guerre, emportées prématurément par la maladie ou les excès, Rollins a travaillé bien au-delà de ses 80 ans, malgré des problèmes respiratoires qui limitaient ses performances en fin de vie. France 24 souligne qu'il fut « une force créatrice en constante évolution », trouvant dans le jazz un vecteur de commentaire social et spirituel : son saxophone ténor a exprimé les espoirs des Afro-Américains pendant le mouvement des droits civiques, le deuil collectif des États-Unis après les attentats du 11 septembre, et la quête mystique qu'il a poursuivie lors de longues retraites en Inde et au Japon.
Né à Harlem, Rollins a côtoyé dès les années 1940 la crème du bebop new-yorkais. Sa relation avec John Coltrane — décrite par France 24 comme « affectueuse mais complexe » — est l'une des grandes dialectiques de l'histoire du jazz : deux géants du ténor, deux trajectoires divergentes mais profondément respectueuses. Que Rollins lui ait survécu de près de soixante ans dit quelque chose de la robustesse singulière d'un artiste qui n'a jamais cessé de se réinventer.
