ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte la spirale du Golfe comme une succession d'escalades mutuelles : drones iraniens sur Bahreïn, frappes américaines, contre-attaque du KSIR — chaque partie invoquant la légitime défense pour justifier le coup suivant.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le CGRI a annoncé avoir frappé huit infrastructures militaires américaines au Koweït (base Ali Al-Salem) et à Bahreïn (port Salman, Cinquième flotte) avec missiles balistiques et drones.
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Les États-Unis ont frappé le 26 juin des dépôts de missiles, de drones, des radars côtiers et des poseurs de mines iraniens autour du détroit d'Ormuz en réponse à l'attaque du tanker M/T Kiku.
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Le mémorandum de compréhension irano-américain du 18 juin, prévoyant 60 jours de cessez-le-feu et des négociations, est invoqué par les deux camps pour accuser l'adversaire de violation.
ANALYSE
Moscou, 28 juin 2026. La presse russe couvre l'escalade du Golfe avec une densité factuelle qui tranche avec le registre partisan dominant ailleurs. Aucun protagoniste n'est épargné : chaque camp revendique la légitimité de ses frappes et accuse l'autre de rompre la trêve.
Le 27 juin, le ministère des Affaires étrangères de Bahreïn a annoncé que plusieurs drones et missiles iraniens avaient ciblé le territoire du royaume, qualifiant l'incident de «violation flagrante de la souveraineté» et de «violation grossière des normes internationales». Manama a aussitôt demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de convoquer une session d'urgence pour mettre en œuvre la résolution 2817, rapporte Interfax.
La réponse américaine ne s'est pas fait attendre. Le CENTCOM a annoncé des frappes contre l'Iran le 26 juin, visant des dépôts de missiles et de drones ainsi que des radars côtiers, en représailles à une attaque iranienne contre un navire de commerce singapourien traversant le détroit d'Ormuz. Le président Donald Trump a déclaré que l'Iran avait lancé «au moins quatre drones» sur des navires, dont l'un avait atteint le pont supérieur d'un «grand et très coûteux cargo», selon Meduza. «C'est une violation stupide évidente de notre accord de cessez-le-feu», a affirmé Trump. La chaîne américaine Axios, citée par Interfax, a confirmé que les frappes visaient des objectifs dans la zone du détroit d'Ormuz, dont des installations de renseignement, des systèmes de communication, des défenses antiaériennes, des dépôts de drones et des poseurs de mines.
Dans la nuit du 27 au 28 juin, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir frappé en retour «huit infrastructures militaires importantes» appartenant aux États-Unis : la base d'Ali Al-Salem au Koweït et le port de Salman à Bahreïn, siège de la Cinquième flotte américaine. Téhéran a utilisé «missiles balistiques et drones» pour cette contre-attaque, précise Interfax.
Parallèlement, le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié les frappes américaines de «violations du mémorandum de compréhension» signé le 18 juin entre Washington et Téhéran — lequel prévoyait un cessez-le-feu de 60 jours et l'ouverture de négociations. Téhéran a accusé le «régime américain» de ne «pas accorder la moindre valeur à ses engagements», tout en réaffirmant «sa détermination à défendre la souveraineté nationale».
L'UE a également condamné les frappes iraniennes sur Bahreïn comme «inacceptables et injustifiées», réclamant que Téhéran «respecte pleinement le mémorandum récemment signé», selon Interfax. Le Qatar, médiateur aux côtés du Pakistan dans les négociations irano-américaines, a appelé à «poursuivre la voie du dialogue et de la diplomatie» tout en condamnant les attaques iraniennes.
