ANGLE DOMINANT
Abuja mesure le contraste entre l'Ouganda qui referme son chapitre Ebola et la RDC voisine où l'épidémie s'aggrave, sur fond d'alerte de voyage américaine élargie à dix pays africains.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'Ouganda a déchargé jeudi son dernier patient Ebola de l'hôpital Mulago de Kampala, déclenchant le compte à rebours OMS de 42 jours vers le statut Ebola-free, après 20 cas confirmés (5 locaux, 15 importés), 17 guérisons et 2 décès
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Des données publiées mercredi par le gouvernement congolais montrent 2 011 cas confirmés et 754 décès confirmés en RDC, épidémie ayant conduit l'OMS à déclarer en mai une urgence de santé publique de portée internationale
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Le Département d'État américain a ajouté l'Ouganda en mai à sa liste « Level 4 : Do Not Travel » pour raisons sanitaires et sécuritaires, portant à dix le nombre de pays africains sous ce niveau d'alerte maximal, dont la RDC
ANALYSE
Abuja, 18 juillet 2026. Depuis la capitale nigériane, la presse locale met en relief un contraste régional saisissant : pendant que l'Ouganda referme son chapitre Ebola, la République démocratique du Congo voit l'épidémie s'aggraver sans relâche.
À Kampala, l'hôpital national de référence Mulago a laissé sortir jeudi son dernier patient atteint d'Ebola, déclenchant le compte à rebours de 42 jours exigé par l'Organisation mondiale de la santé avant qu'un pays puisse être déclaré exempt du virus. « Si 42 jours passent sans un seul nouveau cas, les directives de l'OMS stipulent que nous serons déclarés libres d'Ebola », a expliqué le porte-parole du gouvernement ougandais, Alan Kasujja, cité par Premium Times. Le bilan ougandais reste contenu : 20 cas confirmés, dont cinq contractés localement et quinze importés, 17 guérisons et deux décès, pour une souche Bundibugyo identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, sans vaccin largement homologué à ce jour.
Le tableau congolais, lui, s'assombrit. Selon des données publiées mercredi par Kinshasa et relayées par la presse nigériane, la RDC a enregistré 2 011 cas confirmés et 754 décès confirmés, une épidémie ayant conduit l'OMS à déclarer en mai une urgence de santé publique de portée internationale.
Cette divergence de trajectoires nourrit aussi des tensions diplomatiques. Le Département d'État américain a ajouté en mai l'Ouganda à sa liste « Level 4 : Do Not Travel », invoquant l'épidémie ainsi que des risques sécuritaires — criminalité, terrorisme, troubles civils. Dix pays africains figurent désormais sur cette liste au niveau maximal, dont la RDC, le Mali, la Somalie, le Tchad et le Soudan du Sud. « Ce sont des endroits dangereux. N'y allez pour aucune raison », a averti Washington sur son compte officiel TravelGov.
Pour les rédactions nigérianes, l'épisode illustre la fragilité persistante des systèmes de santé publique sur le continent, où une gestion rigoureuse comme celle de Kampala peut coexister avec un embrasement voisin. Le Nigeria, ayant lui-même connu des flambées d'Ebola par le passé, scrute ce dossier conscient qu'une frontière poreuse peut transformer une crise régionale en menace continentale.
