ANGLE DOMINANT
Doha mesure l'ampleur inédite d'une épidémie qui déjoue les capacités de réponse sanitaire en RD Congo
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Plus de 2 000 cas confirmés dont 796 décès en deux mois, contre plus de dix mois lors de l'épidémie 2018-2020 (Tedros Adhanom Ghebreyesus, OMS, cité par Gulf Times)
- 02
Plus de 80 % des nouveaux cas détectés hors des listes de contacts connues ; deux tiers des décès surviennent hors des structures de soins
- 03
Le personnel d'un centre de traitement s'est mis en grève pour salaires impayés et un hôpital a été attaqué, tandis que l'Ouganda a déchargé son dernier patient
ANALYSE
Doha, 18 juillet 2026. La presse qatarie, via Gulf Times et Al Jazeera, relaie l'alerte lancée jeudi par le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus : l'épidémie d'Ebola en cours en République démocratique du Congo « s'est propagée plus vite que toute épidémie précédente » du virus. Plus de 2 000 cas ont été confirmés, dont 796 décès, en seulement deux mois depuis la déclaration de l'épidémie le 15 mai, contre plus de dix mois pour atteindre le même seuil lors de la grande vague de 2018-2020. Il s'agit désormais de la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais recensée.
Gulf Times cite le patron de l'OMS soulignant que « malgré les progrès réalisés, l'épidémie en RD Congo continue de dépasser la capacité de réponse ». Plus de 80 % des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connues, signe que des chaînes de transmission échappent encore au suivi sanitaire. Environ deux tiers des décès surviennent dans les communautés, chez des personnes n'ayant jamais reçu de soins en établissement de santé, un constat qui inquiète particulièrement les autorités sanitaires régionales que suit Doha.
Al Jazeera précise que l'épidémie, la 17e recensée dans le pays, a démarré dans l'Ituri, province minière du nord-est infestée de groupes armés, avant de gagner cinq provinces congolaises ainsi que l'Ouganda voisin. La souche en cause, rare variante Bundibugyo, complique la réponse. Le personnel soignant d'un centre de traitement s'est mis en grève pour réclamer le versement de ses salaires, tandis qu'un hôpital a fait l'objet d'une attaque, fragilisant davantage un dispositif déjà débordé.
Sur un plan plus positif, la presse qatarie relève que l'Ouganda a libéré son dernier patient hospitalisé, se rapprochant du statut de pays exempt d'Ebola, preuve que la maîtrise reste possible avec des moyens suffisants. Tedros a salué le renforcement rapide de la riposte : la capacité de traitement dans le nord-est de la RD Congo atteint désormais 800 lits, et la capacité de laboratoire est passée d'un seul site à seize. Ces avancées ne suffisent toutefois pas encore à inverser la courbe, alors que le nombre de cas confirmés a atteint 2 124 jeudi selon les données gouvernementales, avec 51 nouveaux cas détectés en un seul jour dans l'Ituri et le Nord-Kivu.
