Une épidémie de la souche Bundibugyo du virus Ebola sévit en Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo. Elle a franchi le seuil de 1 100 cas suspects, dont 263 à 291 cas confirmés selon les sources, ce qui en fait la 17e flambée recensée dans le pays. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est rendu à Kinshasa, où il s'est entretenu avec le président Tshisekedi, puis à Bunia, épicentre de l'épidémie, rencontrant les cinq premiers patients guéris.
Les alertes apparues hors d'Afrique ont toutes été levées : deux cas suspects au Brésil se sont révélés être une méningite et une malaria, et un cas signalé en Italie a été déclaré négatif. À ce stade, il n'existe aucun vaccin ni traitement homologué pour cette souche, identifiée pour la première fois en 2007. L'OMS estime à sept à neuf mois minimum le délai avant d'éventuels essais humains pour les trois candidats en développement.
La riposte se déroule dans un contexte de conflit armé persistant, de déplacements de populations et d'infrastructures sanitaires fragiles. Seuls 20 % des cas-contacts identifiés font l'objet d'un suivi effectif sur le terrain, une fragilité pointée par les organisations humanitaires. L'épidémie coïncide avec l'approche de la Coupe du Monde 2026, organisée dès le 11 juin en Amérique du Nord, ce qui a accéléré des décisions de restriction de voyage et de suspension de visas.
Plusieurs points restent disputés. Un projet américain de centre de quarantaine à la base de Laikipia, au Kenya — pays sans aucun cas déclaré —, suscite des réactions opposées : certains acteurs y voient un dispositif sanitaire technique, d'autres une atteinte à la souveraineté. Les restrictions de voyage sont présentées comme une réponse légitime par les uns, dénoncées comme discriminatoires par les autres. Le délai entre une possible apparition précoce des cas et la déclaration officielle du 15 mai, ainsi que le long sous-investissement pharmaceutique sur cette souche, demeurent également débattus.