ANGLE DOMINANT
Pretoria scrute les obstacles concrets qui freinent la riposte contre Ebola en RDC, du conflit rebelle aux grèves de soignants impayés, tout en relevant l'épisode sans gravité du bateau mis en quarantaine près de Kinshasa.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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2 011 morts pour 4 381 cas confirmés selon le bilan congolais publié dans la nuit du 10 au 11 août, cité par TimesLIVE.
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L'OMS indique que l'épidémie a en réalité démarré en février, trois mois avant sa déclaration du 15 mai, des cas précoces ayant été attribués à tort au paludisme et à la typhoïde.
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Aucun cas d'Ebola détecté parmi les plus de 200 passagers du bateau fluvial mis en quarantaine au port de Maluku, près de Kinshasa, selon Business Day.
ANALYSE
Pretoria, 13 août 2026. La presse sud-africaine ne se contente pas des bilans macabres qui rythment l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo : elle détaille, chiffres à l'appui, les raisons pour lesquelles la riposte peine à suivre le rythme du virus. TimesLIVE rapporte que le bilan communiqué dans la nuit de lundi à mardi par les autorités congolaises s'élève à 2 011 morts pour 4 381 cas confirmés, un décompte atteint « près de trois fois plus vite » que lors de l'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest, jusqu'ici la plus meurtrière de l'histoire. Le titre du journal est sans détour : « l'épidémie la plus rapide jamais enregistrée ».
Le média sud-africain égrène les obstacles concrets qui expliquent ce décalage : le conflit avec les groupes rebelles dans l'est de la RDC, l'état des routes qui complique l'acheminement de l'aide vers les zones reculées, et les arrêts de travail de soignants non payés depuis la déclaration officielle de l'épidémie le 15 mai. TimesLIVE cite le Dr Jean-Marie Akandabo, qui prend en charge des patients dans une clinique de l'Ituri, pour qui ce cap des 2 000 morts est « alarmant » et impose d'intensifier la réponse dans les zones touchées.
Un second article de TimesLIVE revient sur une annonce de l'OMS : le séquençage montre que l'épidémie a en réalité démarré en février, trois mois avant sa déclaration, certains cas précoces ayant été attribués à tort au paludisme et à la typhoïde. Le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, le Dr Mohamed Yakub Janabi, résume : « nous courons après le virus, il a de l'avance sur nous ». Le journal recense aussi les grèves de soignants impayés, les menaces des groupes armés, la colère de communautés traumatisées et une désinformation qui va jusqu'à nier la réalité d'Ebola.
Business Day, de son côté, revient sur l'épisode du bateau fluvial mis en quarantaine près de Kinshasa début août, après le décès à bord d'un passager présentant des symptômes évoquant Ebola. Plus de 200 passagers avaient été isolés au port de Maluku, à 65 km de la capitale ; les autorités congolaises ont confirmé qu'aucun cas de virus Bundibugyo n'avait été détecté parmi eux, l'embarcation a été décontaminée et libérée, et Kinshasa reste sans cas confirmé. L'épisode, sans suite sanitaire, illustre néanmoins la nervosité qui gagne la capitale congolaise face à une épidémie provoquée par une souche rare, dépourvue de vaccin ou de traitement homologué.
