ANGLE DOMINANT
Kinshasa défend une gouvernance de riposte recentrée sur les communautés, entre décès inédits à Lubero, soignants impayés à Kisangani et alerte de l'OMS sur un rythme jamais vu.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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2 061 morts pour 4 449 cas confirmés au 10 août, selon l'Institut national de santé publique (INSP)
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Deux décès à Lubero (Nord-Kivu) depuis le 4 août, troisième zone de santé touchée dans ce territoire après Musienene et Masereka
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Les agents de riposte de Kisangani dénoncent l'absence de paiement de leurs salaires malgré les fonds débloqués pour la lutte contre Ebola
ANALYSE
Kinshasa, 13 août 2026. Face à une épidémie qualifiée par l'Organisation mondiale de la santé de plus rapide jamais enregistrée, les autorités sanitaires congolaises assument un bilan précis : 2 061 morts pour 4 449 cas confirmés au 10 août, selon l'Institut national de santé publique (INSP), lors d'une réunion présidée à Kinshasa par le ministre de la Santé Roger Kamba. Des bilans plus récents évoquent déjà près de 4 500 cas et plus de 2 000 morts, signe d'une progression qui ne faiblit pas trois mois après la déclaration officielle du 15 mai.
L'Ituri concentre environ 90 % des cas et 80 % des décès, avec Bunia, Rwampara et Nizi comme foyers actifs. Mais le Nord-Kivu inquiète particulièrement : la zone de santé de Lubero a enregistré ses deux premiers décès depuis le 4 août, devenant la troisième zone touchée dans ce territoire après Musienene et Masereka. Plus de 110 personnes contacts y sont désormais suivies. Sur place, un collectif de professionnelles de santé mène une campagne de sensibilisation contre les « poches de résistance » liées à la désinformation, explique sa coordinatrice, la Dr Josélyne Nzenze.
Cette bataille de terrain nourrit un débat national sur la gouvernance de la riposte. Le Conseil national des Fora des ONG humanitaires et de développement (CONAFOHD-RDC) reprend à son compte l'autocritique du directeur général de l'Africa CDC : « nous n'avons pas écouté les communautés » depuis le début de l'épidémie. Pour l'organisation, interrompre le cycle du virus suppose d'« écouter, comprendre et agir au rythme des communautés » plutôt que d'attendre son épuisement naturel.
Cette exigence se heurte à des tensions internes. À Kisangani, les agents de première ligne dénoncent publiquement l'absence de paiement de leurs salaires malgré les fonds débloqués pour la riposte, ne bénéficiant que d'un remboursement de transport via les ONG partenaires. À l'inverse, le Sud-Kivu, en partie sous contrôle de la rébellion de l'AFC/M23, vient d'être déclaré sorti de l'épidémie après 42 jours sans nouveau cas. Et près de Kinshasa, le bateau suspecté d'avoir transporté un cas d'Ebola a été libéré, aucune contamination n'ayant été détectée à son bord, mais un contrôle sanitaire permanent reste désormais en place en amont de la capitale.
SOURCES (2)
- Actualite.cdMOYEN
- Ebola en RDC : placer les communautés au cœur de la gouvernance de la riposte afin de reprendre l'avantage sur le virus, insiste le forum d'ONG humanitaires et de développement
- Ebola : deux décès déjà enregistrés dans la zone de santé de Lubero
- Sud-Kivu : fin de l'épidémie d'Ebola après plus de 42 jours sans nouveau cas confirmé
- Kinshasa : le bateau suspecté d'Ebola libéré, la vigilance renforcée
- Radio OkapiMOYEN
