ANGLE DOMINANT
Paris décrypte une épidémie jugée « différente » moins par son ampleur que par la vitesse inédite de sa propagation en RDC.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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2 011 morts pour 4 381 cas confirmés selon le bilan des autorités congolaises publié le 11 août (France 24, Le Monde, RFI)
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L'épidémie a atteint 2 000 cas confirmés en deux mois environ, contre plus de dix mois lors de la flambée de 2018-2020 (L'Express)
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« Nous ne voyons que 30 % des personnes, tandis que 70 % des personnes meurent chez elles », déclare le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, Mohamed Yakub Janabi
ANALYSE
Paris, 13 août 2026. Les rédactions françaises ouvrent leurs éditions sur un chiffre qui a doublé en trois semaines : selon le dernier bilan publié mardi 11 août par les autorités congolaises, l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a fait 2 011 morts pour 4 381 cas confirmés, rapportent France 24, Le Monde et RFI. Le cap symbolique des 1 000 décès avait été franchi le 22 juillet, à peine trois semaines plus tôt — un rythme que L'Express qualifie de « propagation la plus rapide jamais enregistrée ».
Déclarée le 15 mai avec plusieurs semaines de retard, la 17e épidémie du pays s'est propagée depuis l'Ituri vers cinq provinces de l'est et du nord-est, dont le Nord-Kivu, où « la présence de l'État est fragile et les infrastructures de santé largement démunies », relèvent Le Monde et RFI. Le taux de mortalité atteint 45,9 %, selon les autorités sanitaires congolaises. À Bunia, le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, Mohamed Yakub Janabi, résume le défi : « Nous ne voyons que 30 % des personnes, tandis que 70 % des personnes meurent chez elles. C'est pour cela que cette épidémie est différente. »
L'Express creuse cette différence à travers les chiffres : lors de la flambée de 2018-2020, il avait fallu plus de dix mois pour dépasser 2 000 cas confirmés dans l'est du pays ; l'épidémie actuelle a atteint ce seuil en deux mois environ, fin juillet. Le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus en 1976, confie au Monde qu'Ebola « se propage à une vitesse que nous n'avions encore jamais observée ». Début août déjà, la directrice médicale adjointe de Médecins sans frontières estimait, selon L'Express, que « l'épidémie ne montre aucun signe de ralentissement ».
Face au variant Bundibugyo, pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement spécifiques, le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, assure ne pas avoir « encore atteint le pic », mais espère une inversion de tendance « dans les trois mois ». Les médias français soulignent enfin les obstacles structurels qui compliquent la riposte : conflit armé dans l'est du pays, routes impraticables, et grèves de soignants faute de paiement de leurs primes.
SOURCES (4)
- L'ExpressMOYEN
