ANGLE DOMINANT
Paris mesure l'impact moins comme un incident que comme une expérience scientifique confirmée par un instrument européen, quand les retombées technologiques profitent d'abord aux ambitions lunaires de la Nasa.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le télescope VLT de l'Observatoire européen austral (ESO), au Chili, a détecté des raies spectrales de sodium et de lithium dans le panache d'impact, actif cinq à dix minutes.
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L'étage, d'une masse d'environ quatre tonnes, a percuté la Lune à 8 690 km/h près du cratère Einstein, creusant un cratère estimé à une trentaine de mètres.
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Julianna Scheiman, responsable chez SpaceX, a expliqué qu'« un mélange d'activité solaire et de forces gravitationnelles » a dévié l'étage vers la Lune.
ANALYSE
Paris, 7 août 2026. Un « accident rare qu'on voit venir » : c'est ainsi que la presse française qualifie la chute de l'étage supérieur d'une fusée Falcon 9 de SpaceX sur la Lune, mercredi 5 août vers 8h35, heure de Paris. Lancé en janvier 2025 depuis le pas de tir 39A avec deux alunisseurs à son bord — dont celui de Firefly Aerospace, qui s'est posé avec succès —, l'engin aurait dû s'écarter du voisinage Terre-Lune une fois sa mission achevée. « Un mélange d'activité solaire et de forces gravitationnelles » l'a finalement placé sur une trajectoire de collision, a expliqué Julianna Scheiman, responsable chez SpaceX, lors d'une conférence de presse de la Nasa.
D'une masse estimée à quatre tonnes une fois le carburant épuisé, l'étage a percuté l'hémisphère nord lunaire, près du cratère Einstein, à 8 690 km/h, creusant selon les estimations relayées un cratère d'une trentaine de mètres. L'impact, quasi invisible à l'œil nu depuis la Terre, a néanmoins été confirmé par un instrument européen : le Very Large Telescope de l'Observatoire européen austral (ESO), au Chili, a détecté des « raies spectrales » — des empreintes chimiques de sodium et de lithium — dans le panache d'impact, qui a duré cinq à dix minutes. Le sodium proviendrait du sol lunaire, le lithium de la fusée elle-même, selon l'ESO.
Benjamin Fernando, du Laboratoire national de Los Alamos, auteur principal de l'étude sur cette collision annoncée depuis des mois, espère que des astronomes amateurs équipés d'un télescope pourront observer le panache : « On ne sait pas encore à quel point cela sera lumineux. » La Nasa, via son porte-parole Jimi Russell, a assuré qu'il n'y avait « aucun danger pour la Terre » et que l'agence continuerait de suivre le propulseur « à des fins d'entraînement » avant d'observer le site d'impact « à des fins scientifiques ». La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter et l'orbiteur sud-coréen Danuri doivent photographier la zone, mais les clichés mettront plusieurs jours à parvenir aux équipes. La presse française retient surtout ce double mouvement : un incident technique identifié depuis des mois, transformé en occasion d'affiner, pour la Nasa d'abord, les techniques de suivi d'objets dans l'espace.
SOURCES (6)
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
- BFM BusinessMOYEN
