ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure le prix de son propre succès diplomatique : l'accord de juin, que Téhéran appelle le « mémorandum d'Islamabad », vole en éclats avec la reprise des tirs et l'envolée du baril au-dessus de 91 dollars.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'accord de juin qui encadrait la trêve porte le nom de « mémorandum d'Islamabad » ; Téhéran accuse Washington de l'avoir violé « environ trois semaines » après sa signature (Esmaeil Baghaeï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères)
- 02
Le bilan de la frappe américaine sur l'île de Larak diverge selon les sources : deux morts selon Reuters citée par Daily Times, trois selon l'agence Tasnim, dont des membres des Gardiens de la révolution
- 03
Le Brent est passé de 89,18 dollars lundi matin à 92,21 dollars mardi, tandis que les Bourses du Golfe réagissent en ordre dispersé, Doha progressant de 0,5% quand Dubaï et Abou Dhabi reculent
ANALYSE
Islamabad, 1er septembre 2026. La presse pakistanaise revient sur un fait qui porte, sans le dire, le nom de sa capitale : le cadre de sortie de crise signé en juin entre Washington et Téhéran, que le porte-parole iranien Esmaeil Baghaeï appelle le « mémorandum d'Islamabad », vole en éclats avec la reprise des frappes du 31 août. Selon Baghaeï, cité par The Express Tribune, « la signature du président américain figurait sur le mémorandum d'Islamabad », que Washington aurait violé « environ trois semaines après sa signature ». L'accord, obtenu grâce à une médiation associant le Pakistan et le Qatar selon ARY News et Geo News, avait mis fin à l'intensité des combats en avril avant que la négociation ne s'enlise.
Les faits militaires restent disputés d'une source à l'autre. Les forces américaines ont frappé dimanche des lance-roquettes iraniens sur l'île de Larak, dans le détroit d'Ormuz, que Téhéran accuse de préparer la pose de mines marines. Le bilan varie : Reuters, citée par Daily Times, évoque deux morts côté iranien, contre trois selon l'agence Tasnim, dont des membres des Gardiens de la révolution. En représailles, l'Iran affirme avoir frappé deux bases américaines en Jordanie ; Amman dit avoir intercepté huit missiles sans en préciser l'origine. Téhéran revendique aussi une attaque de drones contre la base d'Al Minhad aux Émirats, qu'Abou Dhabi dément, ne confirmant que l'interception d'un drone iranien au-dessus de ses eaux.
Pour Business Recorder, l'urgence se lit d'abord au baril : le Brent, à 89,18 dollars lundi matin, atteint 92,21 dollars mardi, une flambée qui ranime la crainte d'une perturbation prolongée d'un couloir par où transitait un cinquième du pétrole mondial avant la guerre. Les Bourses du Golfe réagissent en ordre dispersé, Doha progressant de 0,5% quand Dubaï recule. Un pétrolier a été touché par trois projectiles non identifiés près de Khasab, selon l'agence maritime britannique UKMTO, sans faire de victime.
Washington, par la voix de Donald Trump, promet de « frapper fort » tout en écartant le nucléaire, jugeant l'Iran « totalement vaincu militairement ». Téhéran, par son président Massoud Pezeshkian, réaffirme depuis Bichkek que poursuivre la guerre ne sert « les intérêts de personne ». Pour Islamabad, dont le nom reste accolé à l'accord rompu, l'enjeu dépasse la diplomatie : le pays importe l'essentiel de son pétrole via le Golfe et suit de près toute remontée durable des cours du brut.
SOURCES (5)
- The Express TribuneMOYEN
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
- Business RecorderMOYEN
