ANGLE DOMINANT
Doha condamne les frappes iraniennes sur la Jordanie et les Émirats comme une escalade dangereuse, mais retient surtout le risque que cette reprise des hostilités fait peser sur sa propre médiation, engagée la semaine dernière à Téhéran aux côtés d'Oman et du Pakistan.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère qatari des Affaires étrangères qualifie les frappes iraniennes sur la Jordanie et les Émirats de « violation grave de la souveraineté et de l'intégrité territoriale » et de « dangereuse escalade »
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Une délégation qatarie de haut niveau, avec Oman et le Pakistan, s'était rendue à Téhéran la semaine précédente pour tenter de relancer les négociations
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C'est à l'insistance d'alliés du Golfe, dont le Qatar, que Donald Trump avait annoncé le 1er août la suspension de nouvelles frappes américaines contre l'Iran
ANALYSE
Doha, 1er septembre 2026. Le Qatar a réagi en quelques heures à la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, condamnant fermement les frappes iraniennes menées lundi 31 août contre la Jordanie et les Émirats arabes unis. Dans un communiqué relayé par l'agence QNA, le ministère qatari des Affaires étrangères juge que ces attaques constituent « une violation grave de la souveraineté et de l'intégrité territoriale » des deux pays voisins, ainsi qu'une atteinte au droit international et à la Charte des Nations unies. Doha y voit « une escalade dangereuse » susceptible de compliquer les efforts de désescalade et de saper les initiatives diplomatiques engagées pour restaurer la sécurité régionale.
L'émirat exprime sa pleine solidarité avec Amman et Abou Dhabi, soutient les mesures prises pour protéger leur souveraineté, et appelle à un arrêt immédiat et complet de toutes les actions militaires ainsi qu'à un retour sérieux au dialogue, rappelant l'attachement aux compromis déjà obtenus par la voie diplomatique.
Cet appel prend un relief particulier : selon Al Jazeera, une délégation qatarie de haut niveau s'est rendue à Téhéran la semaine dernière, aux côtés d'émissaires omanais et pakistanais, pour tenter de relancer les négociations censées mettre fin au conflit. C'est aussi à l'insistance d'alliés du Golfe, dont le Qatar, que Donald Trump avait annoncé le 1er août suspendre de nouvelles frappes contre l'Iran. La reprise des tirs, après l'attaque américaine sur l'île iranienne de Larak et la riposte iranienne contre des bases américaines en Jordanie et la base d'Al-Minhad aux Émirats, ramène ainsi Doha au point de départ de sa diplomatie de médiation.
Le même communiqué, publié par Gulf Times, associe explicitement cette crise à deux autres dossiers traités le même jour : la profanation de la mosquée al-Aqsa et les troubles à Niamey, signe d'une diplomatie qatarie qui articule ses condamnations en bloc. Le Koweït a exprimé une position quasi identique, dénonçant l'attaque au drone contre les Émirats. Sur le bilan des frappes, le statut du détroit d'Ormuz ou le prix du baril, les communiqués qataris restent silencieux, concentrés sur le registre juridique et diplomatique plutôt que sur les détails militaires ou économiques de l'échange de tirs.
SOURCES (3)
- Doha NewsMOYEN
