EXPLORER CE SUJET
LES ÉTATS-UNIS RESTREIGNENT LES VISAS DES ÉTUDIANTS ET JOURNALISTES ÉTRANGERS
Dacca décrypte le tour de vis américain sur les visas d'étudiants et de journalistes comme un signal de plus d'un éloignement croissant avec Washington, alors que la confiance des Bangladais envers les États-Unis s'érode déjà nettement.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
Dacca, 17 juillet 2026. Le durcissement des règles de visa annoncé par l'administration Trump pour les étudiants, professionnels en échange culturel et journalistes étrangers a été largement relayé par la presse bangladaise, alors que la perception du pays envers Washington se dégrade déjà nettement. Selon la nouvelle règle finale du Department of Homeland Security, rapportée par le Daily Star, les visas F pour étudiants et J pour échanges culturels seront plafonnés à quatre ans maximum, contre une durée jusqu'ici alignée sur celle du programme ou de l'emploi. Les visas I des journalistes étrangers, qui pouvaient courir sur plusieurs années, seront limités à 240 jours - et 90 jours pour les ressortissants chinois -, avec possibilité de prolongation. La mesure entrera en vigueur 60 jours après sa publication au registre fédéral, sous réserve d'un examen du Congrès.
Le ministère américain justifie ce resserrement par une hausse jugée dramatique du nombre de visas concernés : plus de 1,8 million d'admissions d'étudiants en 2024 (+11% sur un an), ainsi que 500 000 visiteurs en échange et 37 300 journalistes accueillis lors de l'exercice fiscal 2024.
Pour Dacca, cette annonce s'inscrit dans le resserrement migratoire engagé par Donald Trump depuis janvier 2025, marqué par la révocation de visas étudiants et de green cards pour motifs idéologiques. Elle intervient alors qu'un sondage Pew Research Centre, largement commenté par la presse bangladaise, révèle que la Chine est désormais perçue plus favorablement que les États-Unis au Bangladesh : 61% des personnes interrogées font confiance au président chinois Xi Jinping, contre 25% pour Donald Trump. Le rapport souligne aussi l'érosion d'un atout traditionnel de l'image américaine, le respect perçu des libertés individuelles, davantage crédité à Pékin qu'à Washington selon les répondants bangladais.
Sur le plan intérieur, la presse relaie en parallèle les difficultés structurelles du journalisme bangladais : le ministre de l'Information Zahir Uddin Swapon a plaidé pour la mise en œuvre du neuvième « Wage Board », garantissant salaires décents et stabilité professionnelle, jugeant que l'insécurité financière nourrit un journalisme moins éthique. Ce contraste - portes américaines qui se resserrent pour les journalistes étrangers, fragilité économique de la profession à domicile - nourrit à Dacca l'inquiétude d'un rétrécissement des perspectives professionnelles et académiques pour la diaspora étudiante sud-asiatique aux États-Unis.
Cadrage Daily Star-centré : l'essentiel de la couverture factuelle sur la mesure américaine repose sur un seul titre de presse anglophone de Dacca.
Préférence pour l'angle statistique et diplomatique (chiffres du DHS, sondage Pew) au détriment de témoignages directs d'étudiants ou de journalistes bangladais concernés par la mesure.
Faible couverture des conséquences concrètes pour les universités et rédactions bangladaises déjà présentes aux États-Unis, peu détaillées dans les articles disponibles.
Découvrez comment un autre pays couvre ce même sujet.