ANGLE DOMINANT
Buenos Aires pèse le risque de contagion régionale du conflit commercial entre Washington et Brasília, alors que les marchés argentins encaissent déjà les secousses du Bovespa.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'USTR a imposé un tarif de 25 % sur des produits brésiliens (bois, machines, éthanol de maïs), effectif le 22 juillet, après une enquête de plus d'un an ; viande bovine, café, jus d'orange et pièces aéronautiques sont exemptés
- 02
Marco Rubio a accusé Lula de ne pas avoir « négocié de bonne foi » et d'avoir « placé son propre ego » avant l'intérêt du peuple brésilien ; le chancelier Mauro Vieira a qualifié ces propos de « grossiers et arrogants »
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Jeudi, le Bovespa a chuté de 1,4 % tandis que le S&P Merval argentin plongeait de 3,2 % et que le risque pays grimpait à 409 points de base (JP Morgan), dans un contexte de recul global des marchés
ANALYSE
Buenos Aires, 17 juillet 2026. Le bras de fer commercial entre Washington et Brasília occupe la presse argentine, qui y lit d'abord un risque de contagion pour des marchés régionaux déjà nerveux. Le Bureau du représentant commercial américain (USTR) a annoncé un droit de douane de 25 % sur une série de produits brésiliens — bois, machines, éthanol de maïs — entrant en vigueur le 22 juillet, à l'issue d'une enquête de plus d'un an invoquant des « pratiques commerciales déloyales » dans le commerce numérique, la propriété intellectuelle, la lutte anticorruption et la déforestation. Le représentant commercial Jamieson Greer affirme que la mesure vise à garantir que « travailleurs et entreprises américains puissent rivaliser à armes égales », tout en exemptant viande bovine, café, jus d'orange et pièces aéronautiques.
Le secrétaire d'État Marco Rubio a accusé le président Lula da Silva de ne pas avoir « négocié de bonne foi », lui reprochant d'avoir placé « son propre ego » avant le bien-être du peuple brésilien. La réplique du Palácio do Planalto a été cinglante : le chancelier Mauro Vieira a jugé ces propos « grossiers et arrogants », rappelant que Brasília avait tenu plus de trente réunions bilatérales en un an pour éviter ce tarif. Le gouvernement brésilien qualifie la mesure de « jalon regrettable » dans les relations bilatérales et promet d'activer sa loi de réciprocité commerciale.
Pour la presse argentine, l'épisode dépasse le seul différend bilatéral : il alimente une nervosité boursière régionale déjà perceptible. L'indice Bovespa a cédé 1,4 % jeudi, dans une séance marquée par un recul général des marchés — Wall Street a perdu jusqu'à 1,5 % sur ses valeurs technologiques — tandis que le S&P Merval de Buenos Aires plongeait de 3,2 % et que le risque pays argentin remontait à 409 points selon JP Morgan. Sans établir de lien mécanique entre les deux dossiers, les analystes soulignent que la région encaisse simultanément des vents contraires venus de Washington et une volatilité financière mondiale.
Reste, pour Buenos Aires, une question de fond : jusqu'où l'escalade tarifaire américaine, si elle s'étend, pourrait-elle redessiner les équilibres commerciaux sud-américains, à quelques mois des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis.
