EXPLORER CE SUJET
LES ÉTATS-UNIS TAXENT LE BRÉSIL À 25 %, LULA ACTIVE LA LOI DE RÉCIPROCITÉ
Brasília dénonce une décision jugée idéologique et actionne sans attendre sa loi de réciprocité contre les tarifs américains
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
Brasília, 17 juillet 2026. Le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva a réagi dans la nuit du 15 au 16 juillet à l'annonce, par le représentant américain au Commerce (USTR), d'une tarification de 25 % sur une partie des produits brésiliens, effective dès le 22 juillet. Dans un communiqué de la Secom, le Planalto qualifie la date de « marque lamentable » dans les relations bilatérales et affirme qu'il « engagera immédiatement les démarches pour activer les instruments prévus par la loi de réciprocité », votée à l'unanimité par le Congrès et sanctionnée par Lula en 2025. Brasília annonce aussi ressaisir le mécanisme de règlement des différends de l'OMC.
Le gouvernement conteste la légitimité juridique de l'enquête américaine, fondée sur la Section 301 du Trade Act de 1974, et avance ses propres chiffres : les États-Unis ont accumulé 424,5 milliards de dollars d'excédent commercial avec le Brésil sur quinze ans, et 76 % des importations américaines entrent sur le territoire brésilien sans droit de douane, pour un tarif moyen de 3,1 %. Le Planalto rejette également les griefs américains contre le système de paiement Pix, la régulation des plateformes numériques et la déforestation, les jugeant « infondés ».
Des conseillers présidentiels vont plus loin, qualifiant la décision de Washington d'« idéologique » et de « politique », accusant l'équipe de Donald Trump d'avoir agi de « mauvaise foi » pour favoriser le précandidat Flávio Bolsonaro, fils de l'ex-président. Selon le G1, 63 des 78 contributions reçues lors des auditions publiques de l'USTR s'opposaient à la mesure. La liste des exceptions préserve toutefois viande bovine, café, énergie et aéronautique, environ un milliard de dollars d'échanges épargnés.
La Bourse a réagi : l'Ibovespa a cédé 1,09 % jeudi, à 174 101 points. Pour l'analyste Bruno Yamashita (Avenue), cité par Veja, l'impact économique réel reste toutefois limité, l'essentiel de la nervosité relevant de l'incertitude politique plus que des fondamentaux commerciaux. Brasília promet un soutien via le Plan Brésil Souverain aux secteurs exposés.
Cadrage gouvernement-centré : les articles relaient largement la version officielle du Planalto et de la Secom
Préférence pour la lecture politique intérieure : forte place donnée à l'accusation visant la famille Bolsonaro
Faible couverture du point de vue américain : les justifications de l'USTR (Pix, déforestation, éthanol) sont mentionnées mais peu développées
Découvrez comment un autre pays couvre ce même sujet.