ANGLE DOMINANT
Paris justifie l'envoi de soldats à Yanbu par la crise des carburants qui frappe les Français, plus que par un choix de s'engager dans le conflit yéménite.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Macron a annoncé jeudi 24 septembre l'envoi de « moyens militaires, c'est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense » pour protéger Yanbu, sans exclure les Rafale « selon les besoins »
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Il a garanti l'approvisionnement « en diesel, en gaz, en fioul » jusqu'à fin d'année, n'a pas écarté une baisse des taxes ni des difficultés début 2027, et veut « réunir les pays du G7 »
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Dominique de Villepin (BFMTV) voit un geste vers une Arabie saoudite « bien seule », Ségolène Royal juge que « les Français vont être très déçus »
ANALYSE
Paris, 25 septembre 2026. Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 24 septembre, lors d'une interview conjointe au journal de 20 heures de TF1 et France 2, l'envoi de « moyens militaires, c'est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense », pour protéger le port saoudien de Yanbu, principal terminal d'exportation de brut du royaume sur la mer Rouge et cible régulière des Houthis du Yémen. Le président de la République a précisé qu'il ne s'agissait pas de « s'engager » dans le conflit entre Riyad et les rebelles pro-iraniens, tout en n'excluant pas le recours aux avions de combat Rafale « selon les besoins ».
Le chef de l'Etat a présenté ce déploiement moins comme un choix militaire que comme un levier contre la flambée des prix à la pompe. Selon lui, une détente sur ce site stratégique aurait un effet « immédiat sur le prix à la pompe ». Il a assuré que l'approvisionnement « en diesel, en gaz, en fioul » restait garanti « d'ici à la fin de l'année », sans exclure des difficultés « si la crise devait empirer » début 2027, et n'a pas écarté de devoir, à terme, baisser les taxes sur les carburants. Il a aussi annoncé vouloir « réunir les pays du G7 » pour étudier une possible libération des stocks stratégiques de pétrole et de gaz.
Sur BFMTV, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a lu ce geste comme une manière, pour Macron, de se montrer aux côtés d'une Arabie saoudite « qui se retrouve bien seule » face aux Houthis, tandis que Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, a jugé que « les Français vont être très déçus » par les annonces présidentielles sur le pouvoir d'achat. Macron a par ailleurs qualifié de « catastrophique » une éventuelle interdiction américaine des exportations de gazole, cause supplémentaire de tension sur les prix intérieurs.
L'annonce intervient alors que l'Arabie saoudite affirme avoir intercepté six missiles balistiques houthis visant Taïf et Yanbu, et que Riyad, la Turquie et le Pakistan ont convoqué à New York une réunion urgente de leurs chefs d'état-major au titre de leur pacte de défense commune. En France, le débat reste cependant centré sur les conséquences intérieures : taxes, prix à la pompe et crédibilité d'une diplomatie présentée comme un outil de politique économique plus que comme un engagement militaire dans une guerre régionale.
SOURCES (5)
- L'ObsMOYEN
- BFMTVMOYEN
- LibérationMOYEN
