ANGLE DOMINANT
Islamabad ancre sa lecture de la crise de Yanbu dans le pacte trilatéral de La Mecque, en revue de ses structures institutionnelles avec Riyad et Ankara plutôt que dans le dispositif militaire annoncé par Paris.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le pacte de défense conjointe de La Mecque, signé le 7 août 2026 entre le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Turquie, prévoit qu'une agression contre l'une des parties est considérée comme une agression contre toutes.
- 02
Le ministre de la Défense Khawaja Asif a déclaré que l'Iran n'a exprimé aucune réserve sur le pacte et qu'un secrétariat sera établi en octobre 2026.
- 03
L'Arabie saoudite affirme avoir intercepté six missiles balistiques houthis, tandis que les rebelles yéménites revendiquent des dizaines de tirs de missiles et de drones lancés jeudi.
ANALYSE
Islamabad, 25 septembre 2026. Le pacte de défense conjointe de La Mecque, signé le 7 août entre le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Turquie, structure la lecture pakistanaise de la crise de Yanbu. Vendredi, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar a rencontré son homologue saoudien, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, et le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan. Les trois ministres ont, selon Dar, "examiné les progrès vers l'établissement des structures institutionnelles" de l'accord, qu'il a présenté sur le réseau X en évoquant ses "frères" saoudien et turc. Le texte, signé au lendemain d'un accord bilatéral de défense mutuelle stratégique entre Islamabad et Riyad, prévoit qu'une agression contre l'une des parties sera considérée comme une agression contre toutes. Les diplomates ont aussi préparé une réunion urgente des chefs d'état-major des trois pays, destinée à définir les moyens de soutenir l'Arabie saoudite face aux tirs houthis, qui ont visé jeudi La Mecque, Djeddah et Yanbu, le port pétrolier de secours du royaume sur la mer Rouge. Riyad affirme avoir intercepté six missiles balistiques ; les rebelles yéménites revendiquent des dizaines de tirs de missiles et de drones. Le ministère saoudien des Affaires étrangères a fait savoir que les trois alliés condamnaient ces frappes tout en réaffirmant le droit de Riyad à se défendre. Sur le volet régional, le ministre de la Défense Khawaja Asif a assuré depuis New York que l'Iran "n'a aucune réserve" sur le pacte de La Mecque, précisant qu'un secrétariat sera installé en octobre et que plusieurs pays islamiques souhaitent y adhérer. Islamabad a déjà nommé le lieutenant-général Nauman Mahmood, à la retraite, premier secrétaire général de l'accord. C'est dans ce cadre trilatéral, plus que dans l'annonce parisienne d'envoi de soldats, radars et systèmes de défense pour protéger Yanbu, que la diplomatie pakistanaise situe sa contribution : Asif a résumé l'esprit des rencontres new-yorkaises en estimant que tant que les réunions et les échanges se poursuivent, il reste de l'espoir d'amélioration des relations.
SOURCES (4)
- The Express TribuneMOYEN
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
