ANGLE DOMINANT
Bruxelles mesure l'écart entre la loi française et son propre seuil flamand, fixé plus bas, à 13 ans, en attendant une initiative européenne harmonisée.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Parlement français a adopté la loi mardi par 279 voix contre 81, applicable dès septembre, une première dans l'UE.
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Le gouvernement flamand avait déjà annoncé en avril un seuil de 13 ans pour les « réseaux sociaux nocifs », plus bas que le seuil français de 15 ans.
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La Commission européenne a annoncé qu'elle présentera après l'été une proposition d'âge minimum harmonisé pour les réseaux sociaux à l'échelle de l'UE.
ANALYSE
Bruxelles, 22 juillet 2026. En Belgique, la loi française interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, adoptée mardi par le Parlement français par 279 voix contre 81, est scrutée à l'aune d'une réforme belge encore inachevée. Dès avril, le gouvernement flamand avait annoncé un seuil d'âge pour les « réseaux sociaux nocifs », fixé à 13 ans — un chiffre calé sur les règles européennes de confidentialité existantes, qui interdisent déjà aux entreprises de collecter des données d'enfants de moins de 13 ans sans le consentement explicite des parents. La mesure française, elle, va plus loin : elle vise un âge plancher de 15 ans, s'accompagne d'une obligation de vérification d'âge pour les plateformes et interdit aussi les téléphones portables dans les lycées, dès la rentrée de septembre.
Le texte, promesse de campagne d'Emmanuel Macron et mesure phare de fin de mandat, s'inscrit dans un climat où plusieurs familles françaises ont porté plainte contre TikTok, estimant que des contenus nocifs sur la plateforme ont contribué à des suicides d'adolescents. Des organisations de défense des droits de l'enfant ont salué l'adoption du texte. « Nous avons milité dès le départ pour cette proposition, parce que nous n'avons honnêtement pas d'autre option pour contrer les géants de la tech », a déclaré Gaëlle Berbonde à l'AFP, dont la fille souffre d'anorexie et de dépression qu'elle attribue en partie à des contenus vus sur TikTok. « La seule chose que nous puissions faire, c'est protéger nos enfants, comme nous les protégeons de l'alcool. »
Pour la Belgique, la question dépasse la seule comparaison des seuils. La Commission européenne a fait savoir qu'elle présentera, après l'été, une proposition d'âge minimum harmonisé pour les réseaux sociaux à l'échelle de l'Union — un chantier que la première mesure nationale contraignante de ce type en Europe pourrait accélérer. Reste, côté belge comme français, l'inconnue de la vérification d'âge : aucun dispositif technique fiable et généralisé n'existe encore pour l'imposer aux plateformes sans ouvrir de nouveaux débats sur la collecte de données personnelles des mineurs.
