ANGLE DOMINANT
Bruxelles scrute la colère française sous l'angle électoral : qui peut la récupérer à six mois de la présidentielle, et que dit la gestion de l'ordre à Marseille.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La VRT NWS (16 octobre) cite 70 000 à 140 000 manifestants attendus et plus de 1 400 actions annoncées par les gilets jaunes et le mouvement lycéen.
- 02
Frederik Dhondt, spécialiste de la France, avertit : « Geweld kan in de kaart spelen van Marine Le Pen », à environ six mois de la présidentielle.
- 03
À Marseille, le maire Benoît Payan (DVG) a « demandé des comptes » après l'intrusion de casseurs dans la mairie et l'attaque du commissariat central de la police municipale.
ANALYSE
Bruxelles, 18 octobre 2026. La presse belge aborde la journée de mobilisation française comme un test politique pour Emmanuel Macron, à quelques mois de l'élection présidentielle, plus que comme un simple épisode de rue.
La VRT NWS, dans un article publié le 16 octobre, pose la question en amont de la journée : la France se dirige-t-elle vers une « perfecte storm » de protestation ? Elle décrit la jonction entre les gilets jaunes et le mouvement lycéen, résumée par le slogan « jeune et jaune » (« jong en geel »). Le chaînon était annoncé comme large : plus de 1 400 actions dans le pays, des blocages de nœuds routiers et de raffineries envisagés, et une estimation de 70 000 à 140 000 manifestants, très en dessous du bilan de samedi donné ensuite par les autorités et les syndicats. Les revendications citées sont les prix des carburants, la perte de pouvoir d'achat et le recul des services publics.
La VRT rappelle que les gilets jaunes de 2018-2019 avaient fait vaciller la position de Macron et obtenu une inflexion de la politique, mais que « veel van wat toen is beloofd » n'a pas été réalisé. Le mouvement lycéen, né fin août contre les « wantoestanden » dans l'enseignement, est présenté comme le support d'une « colère » plus générale contre le gouvernement, ce qui n'est « geen goed nieuws » pour le camp présidentiel. Le spécialiste de la France Frederik Dhondt demande qui pourra récupérer ce mécontentement et avertit : « Geweld kan in de kaart spelen van Marine Le Pen ».
La Libre Belgique, dans son direct du samedi 17 octobre, se concentre sur les incidents. À Marseille, des manifestants sont entrés de force dans l'hôtel de ville du Vieux-Port, et le commissariat central de la police municipale, sur la Canebière, a été attaqué. Le maire, Benoît Payan (DVG), a « demandé des comptes » sur l'organisation du maintien de l'ordre : il affirme avoir réclamé par écrit à la préfecture de police que le commissariat soit sécurisé la veille, sans effet. Il distingue des « casseurs » venus « en découdre » et sans revendication des manifestants, et évoque l'usage d'un tir de lacrymogène par un cordon de CRS devant la mairie.
Le regard belge combine ainsi deux plans : l'analyse du risque politique, nourrie par un expert, et le récit de terrain d'un élu local mettant en cause l'État. Les deux textes ne s'attardent pas sur les causes économiques détaillées ni sur les réponses du gouvernement.
