ANGLE DOMINANT
Moscou retient surtout les « pogroms » et les pillages d'une journée de colère sociale, et chiffre les blessés, les interpellations et les mairies envahies plus que les revendications.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Selon Interfax, 800 000 manifestants d'après les organisateurs et 550 000 d'après le ministère de l'Intérieur, dont 110 000 à Paris.
- 02
Selon RIA Novosti, Laurent Nuñez fait état de 60 membres des forces de l'ordre blessés ; le 18 octobre, Sébastien Lecornu annonce 1,2 millier d'interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés.
- 03
RT et RIA Novosti rapportent l'incendie de la mairie de Limoges, dont le beffroi s'est effondré, et l'entrée de radicaux dans les mairies de Marseille et de Lille.
ANALYSE
Moscou, 18 octobre 2026. Interfax titre d'emblée : « La France est en proie aux pogroms et aux pillages ». L'agence donne 800 000 manifestants selon les organisateurs et 550 000 selon le ministère de l'Intérieur, dont 110 000 à Paris. Elle précise que la coalition de syndicats de gauche, de partis, d'organisations d'étudiants et de lycéens et de « gilets jaunes » affichait au départ un caractère pacifique. Le ministère de l'Intérieur impute les violences à des anarchistes d'ultragauche et à l'aile radicale des « gilets jaunes », rejoints par des « black blocs ». Les revendications sont énumérées : prix des carburants et des biens de première nécessité, financement des lycées, rejet de la politique d'Emmanuel Macron, enquête sur l'action de la police.
RIA Novosti se concentre sur le bilan humain et matériel. Selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, 60 membres des forces de l'ordre ont été blessés, dont deux hospitalisés inconscients. Il y voit la preuve de la « cruauté » des assaillants. Des radicaux sont entrés dans les mairies de Limoges, Marseille et Lille. À Limoges, un feu a pris au rez-de-chaussée puis gagné le toit. À Lyon, l'office de tourisme a été pillé et incendié. La police a employé gaz lacrymogène, grenades assourdissantes et canons à eau. Le lendemain, 18 octobre, l'agence cite le Premier ministre Sébastien Lecornu : 1,2 millier d'interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés. TASS rapporte les « au moins 400 » interpellés annoncés par Nuñez, qui promet de punir pillards et casseurs.
RT en anglais s'attarde sur l'image de la mairie de Limoges, bâtie il y a 143 ans, dont le beffroi s'est effondré. Le préfet Maurice Barate indique que le toit s'est écroulé sur les étages inférieurs et que les deux tiers de la façade ont disparu. Aucun blessé n'est signalé. RT relie le mouvement aux pénuries d'enseignants à Créteil et à l'opposition au budget 2027.
Vedomosti, qui relaie la CGT (plus de 500 000 personnes, 1 750 rassemblements), apporte les nuances que d'autres omettent : à Toulouse, 32 000 manifestants selon la préfecture contre 80 000 selon la CGT ; à Saint-Étienne, un jeune d'environ 20 ans a eu la main arrachée, apparemment par une grenade assourdissante qu'il aurait ramassée. Meduza, média en exil, parle de la quatrième semaine de mobilisation, après le défilé du 6 octobre (plusieurs centaines de milliers de personnes), et de l'incendie de la mairie de Limoges.
SOURCES (6)
- InterfaxMOYEN
- VedomostiMOYEN
- RIA NovostiMOYEN
