ANGLE DOMINANT
Ottawa prône un « nouvel ordre mondial » des puissances moyennes tout en ménageant Trump avant la révision de l'USMCA
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Carney estime que « les fils d'un nouvel ordre mondial pourraient être tissés » à Évian
- 02
Il salue l'invitation du Kenya, du Brésil, de l'Égypte et de l'Inde, le G7 ne « prétendant pas diriger le monde »
- 03
La révision de l'USMCA le 1er juillet le pousse à une « diplomatie pragmatique » envers Trump
ANALYSE
Ottawa arrive à Évian en passeur de présidence et en chantre d'un « nouvel ordre mondial » des puissances moyennes, tout en marchant sur des œufs face à Trump. Le Premier ministre Mark Carney, qui transmet la présidence du G7 à la France après l'avoir exercée l'an dernier, estime que « les fils d'un nouvel ordre mondial pourraient être tissés » à ce sommet. Devenu star internationale en janvier à Davos en déclarant révolu l'ordre fondé sur les règles et en appelant les puissances moyennes à s'unir face aux grandes puissances, Carney pousse une lecture inclusive du sommet : le G7 d'Évian ne réunira pas seulement ses sept membres, mais aussi le Kenya, le Brésil, l'Égypte et l'Inde, des partenaires qui apportent « une perspective plus large ». Pour lui, le G7 « reconnaît ainsi qu'il n'a aucune prétention à diriger le monde ». Cette posture de middle power médiateur est typiquement canadienne — se définir comme pont moral plutôt que comme puissance. Mais la presse canadienne souligne la tension sous-jacente : à l'approche de la révision de l'accord commercial USMCA le 1er juillet, Carney est attendu « plus mesuré » dans ses critiques de Trump, ses enjeux commerciaux l'obligeant à une « diplomatie pragmatique ». Le Canada incarne ainsi le dilemme des alliés moyens : revendiquer un ordre multipolaire et une voix indépendante tout en ménageant le voisin américain dont dépend son économie. Carney rencontre Macron à l'Élysée en amont pour coordonner cette stratégie, dans la continuité du retentissement mondial de son discours de Davos.
