ANGLE DOMINANT
Berlin décortique la faisabilité du « Wirtschaftskrieg » américain et doute qu'il tienne sans le concours de partenaires régionaux réticents.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Scott Bessent sur CNBC : « Soit vous êtes de notre côté, soit vous êtes contre nous », exigeant des alliés qu'ils choisissent leur camp
- 02
Le porte-parole iranien Ismail Baghai dénonce une violation de la Charte des Nations unies et du droit international
- 03
La FAZ souligne qu'un blocus terrestre nécessiterait le soutien improbable de l'Irak, la Turquie, le Pakistan, l'Afghanistan, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan ou l'Arménie
ANALYSE
Berlin, 22 août 2026. Les quotidiens allemands consacrent une large place à l'annonce du « Wirtschaftskrieg » — guerre économique — que Donald Trump veut mener contre l'Iran, près de six mois après le début du conflit. Sur Truth Social, le président américain a promis les « mesures économiques les plus dévastatrices jamais prises contre un État », un « D-Day économique » visant sociétés-écrans, transferts d'espèces, contrebande pétrolière et flottes fantômes. Il a averti tout pays continuant de commercer avec Téhéran de « conséquences économiques ÉNORMES ». Son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a durci le ton sur CNBC : « Il est temps que nos alliés et le reste du monde prennent une décision. Soit vous êtes de notre côté, soit vous êtes contre nous. » Bessent évoque un blocus naval déjà en place et annonce « les sanctions les plus dures de l'histoire ».
Mais la FAZ pointe un « timing dangereux » pour Trump : à deux mois et demi des élections de mi-mandat, sa popularité s'effondre selon un sondage Reuters/Ipsos, et ni la voie militaire ni la voie diplomatique n'ont produit de résultat. Une analyse du même quotidien détaille les limites du plan : un blocus terrestre supposerait le concours de l'Irak, de la Turquie, du Pakistan, de l'Afghanistan, du Turkménistan, de l'Azerbaïdjan ou de l'Arménie — un soutien jugé improbable, sauf contreparties considérables. Handelsblatt rapporte que 68 navires marchands ont déjà été déroutés du fait du blocus.
Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ismail Baghai, a qualifié la mesure de violation du droit international, affirmant sur X que la contrainte économique visant à forcer un État souverain à modifier ses choix politiques légitimes enfreint la Charte des Nations unies. Les agences Fars et Tasnim, citées par la DW, balaient l'annonce comme une « guerre psychologique » déjà entendue, Téhéran ayant « appris à contourner ces restrictions ». Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghtchi y voit une diversion face à l'endettement record des États-Unis.
SOURCES (4)
- ZEIT OnlineMOYEN
- FAZMOYEN
- HandelsblattMOYEN
