ANGLE DOMINANT
Islamabad retient d'abord le bilan humain des crues en Inde et au Népal, un compte des morts et des disparus qui rappelle aux Pakistanais leur propre traumatisme de la mousson de 2022.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
56 morts recensés en Inde et 14 au Népal, où 11 personnes restent portées disparues, selon les bilans communiqués dimanche 27 septembre.
- 02
Dans l'Uttar Pradesh, 66,5 mm de pluie sont tombés entre le 25 et le 27 septembre au matin, contre 7,6 mm habituellement, selon le commissaire aux secours Hrishikesh Bhaskar Yashod.
- 03
La crue de la rivière Rahuganga a endommagé une centrale hydroélectrique de 40 mégawatts et coupé l'électricité dans les districts de Manang, Mustang, Myagdi et Baglung.
ANALYSE
Islamabad, 28 septembre 2026. Pas un mot dans la presse pakistanaise sur les crues qui frappent l'Inde et le Népal n'échappe au parallèle avec 2022, quand un tiers du territoire pakistanais s'était retrouvé sous les eaux. Business Recorder, ARY News et Geo News reprennent dimanche le même bilan communiqué par les autorités : au moins 56 morts en Inde et 14 au Népal, où 11 personnes restent portées disparues.
Dans l'Uttar Pradesh, 46 personnes ont été blessées et plus de 1 000 maisons endommagées, selon le commissaire aux secours Hrishikesh Bhaskar Yashod, qui relève que 66,5 millimètres de pluie sont tombés entre le 25 et le matin du 27 septembre, contre 7,6 millimètres habituellement pour cette période. Les autorités locales ont reçu instruction d'évaluer les dégâts sur les récoltes et de préparer des indemnisations, tandis que les opérations de secours se poursuivent dans les zones inondées.
Les autorités népalaises ont averti d'un risque de crues soudaines dans 49 des 77 districts du pays. Le courant est coupé dans les districts de Manang, Mustang, Myagdi et Baglung, et la crue de la rivière Rahuganga a endommagé la structure et les pylônes d'une centrale hydroélectrique de 40 mégawatts, selon le ministre de l'Eau et de l'Énergie Biraj Bhakta Shrestha.
La porte-parole de l'autorité népalaise de gestion des catastrophes, Shanti Mahat, précise que Rasuwa et Nuwakot -- frappés le mois dernier par des inondations ayant fait plus de 1 450 morts et laissé des milliers de disparus -- doivent rester « en alerte » sans être classés zones à haut risque. En Inde, la Commission centrale de l'eau signale une « situation grave » sur 30 stations de mesure réparties dans sept États, plusieurs grands fleuves, dont le Gange, dépassant leur niveau d'alerte.
Pour la presse pakistanaise, qui reprend ces bilans presque mot pour mot d'une dépêche Reuters, l'accent porte avant tout sur le compte des morts, des blessés et des disparus, plus que sur les causes climatiques ou les responsabilités politiques. Le Pakistan, régulièrement exposé aux mêmes moussons, y lit la confirmation d'une vulnérabilité régionale partagée face aux crues himalayennes et gangétiques.
