ANGLE DOMINANT
Téhéran lit la situation comme hormuz comme bouclier souverain : Téhéran tient la ligne
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La contre-proposition iranienne est présentée par les médias officiels comme 'raisonnable, généreuse et responsable'
- 02
Les exportations iraniennes de brut par mer sont à zéro depuis 28 jours, selon TankerTrackers cité par Iran International
- 03
Téhéran salue le plan de sécurité en quatre points de Xi pour le Golfe et le 'partenariat responsable' avec Moscou
ANALYSE
Téhéran, 12 mai 2026. Depuis les plateaux de la télévision d'État jusqu'aux analyses de l'agence IRNA, la ligne est tenue avec une cohérence remarquable : l'Iran n'a pas rejeté la paix, c'est Washington qui a rejeté la raison. La contre-proposition iranienne transmise via Islamabad — demande de levée du blocus naval, compensation des dommages, reconnaissance de la souveraineté sur Hormuz, règlement du dossier libanais — est présentée par les médias officiels comme « raisonnable, généreuse et responsable ». La réaction de Trump, qui a dit ne pas avoir fini de la lire, est décrite comme l'aveu d'un homme qui perd pied.
Le Détroit d'Hormuz est l'élément central de cette narration. Sur le plan juridique, l'Iran s'appuie sur une lecture de droit de la mer qui fait de la fermeture un acte de défense légitime en temps de guerre, non une prise d'otage économique. L'agence IRNA a relayé la position du porte-parole du ministère des Affaires étrangères selon laquelle le projet de résolution américain au Conseil de sécurité sur Hormuz « vise à détourner l'attention du vrai problème », à savoir l'agression US-israélienne lancée le 28 février. Iran International, média d'opposition basé à Londres, offre une lecture radicalement différente : les exportations iraniennes de brut par mer sont à zéro depuis 28 jours, un effondrement économique inédit même à l'époque des sanctions Obama.
Sur le front intérieur, la réalité décrite par les sources indépendantes est sombre. Deux millions d'emplois perdus selon des officiels iraniens cités par le New York Times. Les exportations de tapis artisanaux, jadis à 2,5 milliards de dollars par an, ont « pratiquement cessé ». Les coupures d'internet imposées par le gouvernement aux citoyens suspectés d'activité en ligne hostile — levées contre des publications pro-régime — révèlent un appareil d'État sous pression. Des universitaires avertissent que l'académie iranienne est « écrasée » par la guerre et la répression simultanées.
Pourtant la machine propagandiste tourne. L'agence d'État rappelle que « l'ayatollah Khamenei est en pleine santé » — son absence prolongée de l'espace public depuis la frappe du 28 février alimente les spéculations les plus intenses. Des cérémonies continuent d'être organisées en sa mémoire (formulation qui, glissée dans des dépêches d'État, a semé la confusion dans plusieurs rédactions étrangères). Le général Ghalibaf promet que les ennemis seront « surpris » par la riposte de l'Iran à toute nouvelle agression. Velayati déclare que Trump « sera vaincu en diplomatie comme sur le champ de bataille ».
