ANGLE DOMINANT
Bruxelles décrypte la visite de Léon XIV en France comme le miroir de sa propre sécularisation, entre mise en garde technologique et rappel sur la fin de vie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
300 000 personnes ont acclamé le pape en papamobile dans Paris vendredi et 80 000 jeunes ont rempli le Stade de France, selon le Vatican cité par La Libre Belgique.
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Léon XIV a refusé la Garde républicaine lors de son arrivée à l'Élysée et a choisi lui-même le déroulé de sa visite, selon VRT NWS.
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La part de Français se disant catholiques est passée d'environ 70% au début des années 1980 à une trentaine de pourcents aujourd'hui, selon VRT NWS.
ANALYSE
Bruxelles, 26 septembre 2026. La presse belge suit la première visite d'un pape en France depuis Benoît XVI en 2008 comme un révélateur de la propre trajectoire religieuse du royaume, plus que comme un simple rendez-vous protocolaire. Arrivé vendredi à l'aéroport d'Orly, accueilli par Emmanuel et Brigitte Macron, Léon XIV a pris la parole à l'Élysée pour mettre en garde contre l'avènement d'un « paradis de machines », avant d'appeler les développeurs d'intelligence artificielle et les responsables politiques à ralentir la cadence, selon VRT NWS. Le média flamand souligne que le pape a refusé la Garde républicaine lors de son arrivée, choisissant de fixer lui-même « le rythme, les accents et la symbolique » de son séjour, sans laisser le président français en dicter le déroulé.
Ce sont toutefois les enjeux de société qui retiennent le plus l'attention à Bruxelles. À Notre-Dame, Léon XIV a appelé la France à « accueillir la vie sans condition [...] et accompagner avec respect [...] chaque étape de l'existence », en pleine application de la loi française sur la fin de vie, rapporte La Libre Belgique. Il a aussi évoqué la laïcité « ouverte », qui n'exclut pas l'expression publique des religions - une notion familière pour un pays qui a lui-même connu ses propres débats sur la neutralité de l'État. VRT NWS rappelle qu'en France, la part de catholiques déclarés est tombée d'environ 70 % au début des années 1980 à une trentaine de pourcents aujourd'hui, une sécularisation comparable à celle observée en Belgique.
L'ampleur populaire de l'événement frappe néanmoins les rédactions : 300 000 personnes ont acclamé le pape en papamobile dans Paris vendredi selon le Vatican, 80 000 jeunes ont rempli le Stade de France le même soir, et 600 000 fidèles étaient attendus samedi place de la Concorde et sur les Champs-Élysées pour une messe géante, mobilisant une tonne d'hosties et 27 millions d'euros, selon La Libre Belgique. Le journal note aussi la présence de nombreux candidats à la présidentielle française de 2027 - Marine Le Pen, Gabriel Attal, Édouard Philippe - mais l'absence d'Emmanuel Macron à la messe.
Les rédactions belges s'attardent peu, en revanche, sur l'étape consacrée à l'immigration, prévue samedi matin à la Maison Bakhita, une association diocésaine d'accueil des migrants.
SOURCES (3)
- La Libre BelgiqueMOYEN
- VRT NWSMOYEN
- DH (Dernière Heure)MOYEN
