ANGLE DOMINANT
Stockholm décrypte le record de Giorgia Meloni comme la conversion réussie d'une nationaliste en interlocutrice fiable de Bruxelles
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le gouvernement Meloni a atteint 1 413 jours sans remaniement le 4 septembre, dépassant le précédent record d'après-guerre détenu par le deuxième gouvernement Berlusconi (1 412 jours, 2001-2005)
- 02
Meloni a réduit le déficit public italien à environ 3 % du PIB et fait délivrer 450 000 permis de travail à des non-Européens malgré un discours dur sur l'immigration, selon Dagens Nyheter
- 03
Citation de Meloni lors du meeting de Bari : « Il y a eu des jours où j'avais l'impression de nager dans de la colle, mais je n'ai jamais abandonné et je ne compte pas commencer avec ça »
ANALYSE
Stockholm, 5 septembre 2026. Pour Dagens Nyheter, les 1 413 jours de Giorgia Meloni à la tête du gouvernement italien sans remaniement ni nouvelles élections — un record qui dépasse les 1 412 jours du deuxième cabinet de Silvio Berlusconi (2001-2005) — comptent moins que la trajectoire qui y a mené. Le quotidien retrace le parcours d'une adolescente du Movimento Sociale Italiano, héritier du parti fasciste de Mussolini, qui déclarait en 1996 à 19 ans que « Mussolini était un bon politicien », devenue en 2022 la première femme cheffe du gouvernement italien.
La mue, selon DN, s'est jouée à Bruxelles : premier déplacement officiel dès sa prise de fonction, réduction du déficit public italien à environ 3 % du PIB pendant que la France et le Royaume-Uni traversaient des crises gouvernementales, soutien maintenu à l'Ukraine malgré la proximité affichée de son vice-Premier ministre Matteo Salvini avec Vladimir Poutine. Le journal rappelle aussi son refus d'autoriser des escales de bombardiers américains lors de la guerre contre l'Iran, une prudence attribuée à la dépendance gazière italienne, et la délivrance de 450 000 permis de travail à des ressortissants extra-européens malgré un discours ferme sur l'immigration — Meloni n'a pas suivi, note DN, la voie autoritaire et europhobe de Viktor Orbán.
Des nuages subsistent : en mars, une majorité a rejeté sa réforme de la justice, présentée par l'opposition comme un pas vers l'autoritarisme, et l'ex-général pro-russe Roberto Vannacci, dont le nouveau parti crédité de 7 % des voix menace désormais Meloni sur sa droite.
Aftonbladet couvre pour sa part la célébration organisée à Bari, où des militants scandaient « Giorgia, Giorgia » pendant son discours. « Il y a eu des jours où j'avais l'impression de nager dans de la colle, mais je n'ai jamais abandonné et je ne compte pas commencer maintenant », a-t-elle lancé sous les acclamations, selon l'agence AP citée par le journal.
