ANGLE DOMINANT
Tokyo mesure d'abord la catastrophe népalaise à l'aune de ses cinq ressortissants toujours introuvables, avant d'interroger la vulnérabilité des tunnels hydroélectriques où des ouvriers restent piégés.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi a demandé lundi à Katmandou de tout mettre en œuvre pour retrouver cinq ressortissants japonais disparus, lors d'un appel de 15 minutes avec son homologue népalais Shisir Khanal.
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Le bilan népalais s'élève à 903 morts et 4 247 disparus dont 592 étrangers ; côté chinois, 16 morts et 546 disparus dont 261 étrangers.
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Sur le seul projet Upper Trishuli-1 à Rasuwa, 576 personnes étaient portées disparues, dont environ 300 croit-on piégées dans le tunnel du site, selon Mohan Kumar Dangi, président de l'IPPAN.
ANALYSE
Tokyo, 1 septembre 2026. Le gouvernement japonais mesure la catastrophe népalaise à l'aune de ses propres ressortissants avant tout. Lundi, le ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi a joint son homologue népalais Shisir Khanal lors d'un appel d'une quinzaine de minutes pour présenter ses condoléances et exiger que Katmandou « fasse tout son possible » pour retrouver cinq Japonais toujours portés disparus depuis les inondations et glissements de terrain survenus mercredi dernier près de la frontière avec la Chine. Tokyo assure se tenir prêt à fournir « toute l'assistance possible ».
Cette inquiétude nationale s'inscrit dans un bilan qui continue de s'alourdir. Selon l'agence népalaise de gestion des catastrophes, 903 décès ont été dénombrés côté népalais, avec 4 247 personnes toujours portées disparues, dont 592 étrangers. Côté chinois, les autorités font état de 16 morts et 546 disparus, parmi lesquels 261 étrangers, en majorité des ressortissants népalais.
L'attention de la presse japonaise se porte largement sur les chantiers hydroélectriques ensevelis, où des ouvriers restent piégés dans d'immenses tunnels conçus pour dériver l'eau. Sur le seul projet Upper Trishuli-1, à Rasuwa, 576 personnes manquaient encore à l'appel selon Mohan Kumar Dangi, président de l'Association népalaise des producteurs d'électricité indépendants, dont environ 300 croit-on piégées dans le tunnel du site. Le géoscientifique autrichien Jakob Steiner, cité à plusieurs reprises par les correspondants japonais, décrit des tunnels « assez grands pour qu'un camion y circule », où certains ont pu recevoir de l'oxygène en attendant les secours.
Un nouveau risque assombrit la situation : un lac s'est formé en amont, retenu par un barrage naturel de débris issu de l'effondrement glaciaire du 26 août, et pourrait céder à tout moment. Les autorités népalaises ont placé secouristes et forces de sécurité en alerte maximale, prêts à évacuer.
La presse nippone relie enfin ce désastre à la vulnérabilité structurelle de l'hydroélectricité himalayenne : environ 10 % de la capacité électrique du Népal a été mise hors service, et une étude évalue à 124 milliards de dollars les infrastructures népalaises exposées aux aléas climatiques.
SOURCES (2)
- Kyodo NewsMOYEN
- The MainichiMOYEN
