ANGLE DOMINANT
Katmandou décompte, chantier par chantier, ses vivants et ses morts : 987 corps retrouvés, 894 ouvriers toujours portés disparus sur onze projets hydroélectriques, et une prise en charge psychologique qui ne fait que commencer une semaine après la crue.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
987 corps retrouvés mardi 1 septembre à 9h selon l'Autorité népalaise de gestion des risques de catastrophe, répartis sur huit districts, avec 3 916 personnes encore introuvables et 11 814 secourues (Online Khabar).
- 02
894 personnes manquent sur onze chantiers hydroélectriques selon l'IPPAN, dont 573 au seul projet Upper Trishuli-1 où environ 300 ouvriers travaillaient sous des tunnels.
- 03
Le Népal a formellement demandé une aide d'urgence au Fonds pour les pertes et dommages (FRLD), lettre signée par le ministre des Finances Swarnim Wagle et la ministre Gita Chaudhary.
ANALYSE
Katmandou, 1 septembre 2026. Une semaine après la crue du 26 août partie d'un effondrement glaciaire à la frontière chinoise, l'Autorité népalaise de gestion des risques de catastrophe recensait mardi 1 septembre à 9 heures 987 corps retrouvés : 27 à Rasuwa, 95 à Nuwakot, 55 à Dhading, 65 à Gorkha, 38 à Tanahun, 216 à Nawalparasi-Est, 170 à Nawalparasi-Ouest et 321 à Chitwan. Le même organisme dénombre 3 916 personnes toujours introuvables, 279 blessés et 11 814 secourus - un bilan que le Kathmandu Post, le même jour, formule différemment en évoquant 951 morts confirmés lundi soir. La presse népalaise ne tranche pas cet écart, elle le juxtapose.
Le sort des chantiers hydroélectriques concentre l'attention locale. Selon l'Association népalaise des producteurs indépendants d'électricité (IPPAN), 894 personnes restent portées disparues sur onze projets, dont 573 au seul barrage d'Upper Trishuli-1, où environ 300 ouvriers travaillaient sous des tunnels au moment de la crue. À Upper Trishuli-3A, les équipes ont dû creuser un puits vertical pour atteindre l'entrée ensevelie du tunnel avant d'y pomper de l'oxygène. Le ministre des Affaires étrangères Shisir Khanal refuse le mot « inondation » : avec des vagues de 20 à 30 mètres et des vitesses de 180 km/h, il parle d'un « tsunami himalayen » sans précédent dans la mémoire vivante du pays.
Les secours internationaux se sont succédé par étapes : l'équipe indienne spécialisée est arrivée le troisième soir, l'équipe chinoise le quatrième après-midi, une équipe sud-coréenne opère désormais sur le site d'Upper Trishuli. L'éditorial du Kathmandu Post pointe un obstacle plus prosaïque : les routes coupées - la Trishuli-Mailung-Syabrubesi emportée, la Prithvi Highway bloquée par des glissements à Krishna Bhir et Parewa Bhir - paralysent l'acheminement des excavatrices vers les zones sinistrées.
Une semaine après la catastrophe, les équipes psychosociales commencent seulement à atteindre les rescapés : une cinquantaine de psychiatres et psychologues déployés à Rasuwa et Nuwakot, trois lignes d'écoute ouvertes. Katmandou a par ailleurs sollicité une aide d'urgence auprès du Fonds pour les pertes et dommages, une lettre signée par le ministre des Finances Swarnim Wagle et la ministre Gita Chaudhary, tandis qu'une réunion multipartite était convoquée mardi après-midi pour coordonner secours, aide et réhabilitation.
SOURCES (6)
- The Kathmandu PostMOYEN
- Online KhabarMOYEN
- The Rising NepalMOYEN
- The Rising NepalMOYEN
- The Rising NepalMOYEN
- RatopatiMOYEN
