
Dans la nuit du 28 au 29 juin 2026, le Pakistan a mené une opération combinée, terrestre et aérienne, dans les provinces afghanes de Paktia, Paktika et Kunar. Cette action faisait suite à un attentat à Karachi visant le quartier général des Rangers pakistanais, qui a tué trois membres des forces de sécurité. L'attaque a été revendiquée par Jamaat-ul-Ahrar, une faction dissidente du TTP, et l'un des assaillants, arrêté blessé, a été identifié comme ressortissant afghan.
Ces frappes prolongent un cycle de violence transfrontalière aggravé depuis le retrait américain de 2021. Le TTP, organisation distincte des autorités au pouvoir à Kaboul mais entretenant des liens avec elles, mène depuis des années des attentats sur le sol pakistanais depuis des bases présumées en Afghanistan. La frontière de 2 600 km héritée de la ligne Durand, jamais reconnue par Kaboul, alimente les frictions depuis 1947, et les médiations menées par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie n'ont pas produit de stabilisation durable.
Les bilans annoncés divergent radicalement : Islamabad fait état de 29 militants éliminés, tandis que les autorités afghanes dénombrent 36 civils tués et plus de 160 blessés. Une allégation de double frappe visant des secouristes rassemblés sur un premier site touché circule sans avoir pu être confirmée. L'accès indépendant à ces zones reculées étant impossible, aucun de ces chiffres n'a été vérifié.
D'autres lignes de désaccord persistent. Islamabad présente le groupe responsable de l'attentat comme un relais d'intérêts indiens, accusation que New Delhi rejette comme sans fondement. La légitimité et la proportionnalité des frappes en territoire afghan sont elles aussi disputées : certains acteurs y voient une riposte antiterroriste nécessaire, d'autres une atteinte à la souveraineté appelant une enquête au regard du droit humanitaire international.
Explorez toutes les perspectives sur ce sujet dans 13 pays.
Comparez les points de vue et comprenez les divergences.
publié le
pays
sources
articles
écart