ANGLE DOMINANT
Brasília pèse le fossé entre le bilan d'Islamabad — 29 militants tués — et les 36 civils dénombrés par Kaboul, révélateur d'un conflit Pakistan-Afghanistan mué en guerre ouverte depuis février 2026
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Attaque à Karachi le 27 juin : militants Jamaat-ul-Ahrar (faction TTP) tuent 3 soldats Rangers, un assaillant afghan arrêté vivant
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Islamabad annonce 29 combattants tués ; Kaboul dénombre 36 civils morts (dont femmes et enfants) et 163 blessés dans les frappes du 28 juin
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Au moins 372 civils afghans tués depuis fin février 2026 dans la spirale de violence Pakistan-Afghanistan
ANALYSE
Brasília, 28 juin 2026. Les médias brésiliens décryptent les opérations militaires pakistanaises à la frontière afghane comme un épisode d'une escalade systémique, plaçant au premier plan le fossé entre les chiffres officiels d'Islamabad et le bilan civil rapporté par le régime taliban.
Le point de départ de l'opération est un attentat perpétré le samedi 27 juin à Karachi : des militants armés ont attaqué le quartier général des Rangers, la force paramilitaire pakistanaise dans cette ville portuaire du sud du pays, tuant trois soldats. Les forces de sécurité ont abattu trois des assaillants et arrêté un quatrième, identifié comme un ressortissant afghan blessé. Le groupe Jamaat-ul-Ahrar, faction dissidente du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), a revendiqué l'attentat.
En réponse, le Pakistan a lancé dans la nuit du 28 juin des opérations terrestres et des « frappes calibrées » contre des refuges de militants dans les provinces afghanes de Paktia, Paktika et Kunar. Le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, a annoncé la mort de 29 combattants et la destruction de trois installations appartenant au TTP et au Jamaat-ul-Ahrar. G1 Globo souligne que l'opération visait explicitement des « cachettes et refuges » des talibans pakistanais, en réponse à « de multiples attaques de militants à travers tout le pays ».
Mais le porte-parole adjoint du gouvernement afghan, Hamdullah Fitrat, dresse un bilan radicalement différent : 36 civils tués, dont des femmes et des enfants, et 163 blessés. Il précise qu'une deuxième frappe a touché la zone alors que les habitants se rassemblaient pour les opérations de secours — une pratique de double frappe qui suscite une attention particulière dans le traitement brésilien du conflit. Islamabad et Kaboul sont ainsi engagés dans une controverse persistante : le Pakistan accuse l'Afghanistan d'abriter les combattants du TTP ; les autorités afghanes rejettent catégoriquement cette accusation.
La Folha de S.Paulo souligne que les affrontements, longtemps sporadiques, se sont transformés en un conflit ouvert depuis fin février 2026. Le bilan cumulé atteint au moins 372 civils afghans morts dans cette spirale de violence.
