ANGLE DOMINANT
Islamabad tire de Bichkek d'abord un fait de calendrier diplomatique : la présidence tournante de l'OCS pour 2026-2027, avant d'accueillir elle-même le sommet suivant, plus qu'un récit d'ordre alternatif à l'Occident.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le Pakistan assume la présidence du Conseil des chefs d'État de l'OCS pour 2026-2027 et accueillera le prochain sommet à Islamabad
- 02
Shehbaz Sharif a rencontré Massoud Pezeshkian à Bichkek, saluant la visite du chef d'état-major Asim Munir à Téhéran et appelant à la retenue
- 03
Aucune rencontre bilatérale n'était prévue entre Sharif et Modi malgré leur présence commune au sommet, une première depuis mai 2025
ANALYSE
Islamabad, 1 septembre 2026. Pour le Pakistan, le sommet de Bichkek se mesure moins à sa portée symbolique face à l'Occident qu'à son calendrier institutionnel : Islamabad prend la présidence tournante du Conseil des chefs d'État de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) pour 2026-2027, avant d'accueillir elle-même le prochain sommet dans la capitale pakistanaise. Le Premier ministre Shehbaz Sharif, arrivé lundi 31 août à Bichkek pour une visite de trois jours, a été reçu à l'aéroport Manas par le président du Cabinet kirghize Adylbek Kasymaliev, avant de participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux nomades mondiaux.
L'agenda pakistanais s'organise surtout autour de l'Iran. Sharif a rencontré le président Massoud Pezeshkian en marge du sommet pour évoquer les tensions régionales, la connectivité et la sécurité. Il a salué la récente visite à Téhéran du chef d'état-major Asim Munir, jugée porteuse pour la retenue et un dialogue diplomatique durable, et a plaidé pour des progrès sur le protocole d'accord d'Islamabad comme voie vers un règlement régional. Pezeshkian, de son côté, a invité Sharif au sommet de l'ECO à Téhéran en décembre, tout en appelant à l'unité de la Oumma face aux défis contemporains.
Une autre donnée, plus discrète dans les communiqués officiels, mérite d'être relevée : aucune rencontre bilatérale n'était prévue avec l'Inde. Malgré la présence de Narendra Modi au même sommet — une première depuis les hostilités militaires de mai 2025 —, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a confirmé qu'aucune demande de réunion n'était venue de New Delhi.
Le fil pakistanais souligne enfin la continuité bilatérale avec le Kirghizistan : commerce porté à 200 millions de dollars d'ici 2027-2028, projet énergétique CASA-1000, corridor routier sous l'accord QTTA — un dossier suivi depuis la visite du président Zardari en juillet, la première d'un chef d'État pakistanais en 21 ans dans ce pays.
SOURCES (6)
- The Express TribuneMOYEN
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
- Business RecorderMOYEN
- Business RecorderMOYEN
