ANGLE DOMINANT
Ankara cultive à Bichkek un rôle d'équilibriste : partenaire de dialogue de l'OCS depuis 2012 et membre de l'OTAN, la Turquie y voit un levier supplémentaire de sa politique étrangère multidimensionnelle, sans rompre avec ses ancrages occidentaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Erdoğan a atterri lundi 31 août à Bichkek, accueilli par le Premier ministre kirghiz Adylbek Kasymaliev, pour assister au sommet de l'OCS et à l'ouverture des Jeux mondiaux nomades.
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Le président turc a tenu mardi 1er septembre un tête-à-tête avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev à l'hôtel où il réside à Bichkek.
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La Turquie n'est que « partenaire de dialogue » de l'OCS depuis 2012 ; Erdoğan a plusieurs fois exprimé son intérêt pour devenir membre à part entière de l'organisation.
ANALYSE
Ankara, 1 septembre 2026. Recep Tayyip Erdoğan a atterri lundi à l'aéroport international Manas de Bichkek, accueilli par le Premier ministre kirghiz Adylbek Kasymaliev et l'ambassadeur turc Mekin Mustafa Kemal Okem, pour le 25e sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Accompagné de son épouse Emine Erdoğan, il a d'abord assisté à l'ouverture des Jeux mondiaux nomades à la Bishkek Arena, avant d'enchaîner mardi les entretiens bilatéraux, à commencer par un tête-à-tête avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev à l'hôtel où il réside.
La présence turque tranche avec celle de Pékin ou Moscou. Membre de l'OTAN et candidate historique à l'UE, la Turquie n'est que « partenaire de dialogue » de l'OCS depuis 2012 — un statut qu'Erdoğan a pourtant répété vouloir dépasser en exprimant son intérêt pour une adhésion pleine et entière. Daily Sabah situe cette démarche dans une « politique étrangère multidimensionnelle » qui maintient les liens occidentaux tout en élargissant l'engagement turc à travers l'Eurasie.
Le sommet se déroule sous le signe d'un resserrement sino-russe : Xi Jinping et Vladimir Poutine ont promis lundi d'approfondir leur partenariat stratégique, Poutine proposant de pérenniser l'exemption de visa entre les deux pays après une hausse de 43 % du tourisme croisé au premier semestre. Xi a par ailleurs signé avec Sadyr Japarov un traité de « bon voisinage éternel », qualifiant la relation sino-kirghize de « période dorée ».
Daily Sabah rappelle que l'OCS, fondée en 2001 par quatre pays d'Asie centrale, la Chine et la Russie, compte désormais dix membres et se présente de plus en plus comme une alternative aux groupements dominés par l'Occident — sans constituer, précise le média, une alliance politique ou militaire unifiée, ses membres poursuivant souvent des intérêts concurrents. C'est dans cet interstice qu'Ankara construit sa position : ni rupture avec l'OTAN, ni renoncement à l'Eurasie.
