ANGLE DOMINANT
Brasília pèse le risque que les achats chinois de soja et de bœuf américains, relancés par la trêve commerciale sino-américaine, empiètent sur ses propres marchés d'exportation, plus que le nouveau canal ouvert entre Washington et Pékin sur l'intelligence artificielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Washington et Pékin réduiront les droits de douane sur 30 milliards de dollars de biens « non sensibles » et prolongent de deux mois la trêve commerciale devant expirer le 10 novembre, selon G1 et Folha de S.Paulo.
- 02
La Chine reste en retard sur les 17 milliards de dollars d'achats agricoles promis en mai et n'a pas finalisé les 25 millions de tonnes de soja américain convenues à Busan, ni la commande de 200 avions Boeing, selon l'éditorial de l'Estadão.
- 03
Les deux pays emploieront le terme « superintelligence » plutôt qu'IA, ouvriront un canal de communication pour les incidents liés à cette technologie et tiendront leur prochaine session de dialogue en novembre, selon Veja et l'Estadão.
ANALYSE
Brasília, 27 septembre 2026. Le sommet de trois jours entre Donald Trump et Xi Jinping à Washington, achevé vendredi 25 septembre, s'est soldé par un accord commercial et technologique que la presse brésilienne lit d'abord à l'aune de ses propres marchés agricoles. Selon le compte rendu chinois relayé par G1 et Folha de S.Paulo, Washington et Pékin réduiront les droits de douane sur 30 milliards de dollars de biens « non sensibles » — bois, cosmétiques et produits agricoles américains, jouets et petits appareils chinois — dans le cadre d'un consensus en huit points. Les deux capitales créeront aussi un conseil du commerce et prolongeront de deux mois la trêve tarifaire qui devait expirer le 10 novembre, le secrétaire au Trésor Scott Bessent y voyant du temps gagné pour un accord plus large.
Mais c'est l'éditorial de l'Estadão qui donne la mesure brésilienne du sommet : Pékin reste en retard sur les 17 milliards de dollars d'achats agricoles supplémentaires promis en mai et n'a pas achevé les 25 millions de tonnes de soja américain convenues à Busan en octobre, pas plus que la commande de 200 avions Boeing. Pour l'éditorialiste Lourival Santanna, ces achats pèsent sur des États américains électoralement décisifs — un rappel implicite, pour la presse brésilienne, que chaque tonne de soja ou de bœuf achetée aux producteurs américains est une tonne qui ne passe pas par le Mato Grosso ou le Paraná.
Sur l'intelligence artificielle, Veja et l'Estadão notent que les deux pays ont adopté le terme « superintelligence » plutôt qu'IA, institué un « Dialogue États-Unis–Chine sur la superintelligence » et ouvriront un canal de communication pour les incidents, avec une prochaine session en novembre. Trump a toutefois précisé, samedi, préférer laisser la technologie « exactement où elle est » plutôt que coopérer avec Pékin, quand Xi a plaidé pour une relation « sans conflit ni confrontation » et un contrôle humain de l'IA.
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a qualifié la visite d'« historique », ayant « enrichi la relation constructive et stable entre la Chine et les États-Unis ». Folha Mundo relève par ailleurs que le vice-président chinois Han Zheng, à la tribune de l'ONU samedi, a réclamé le respect de la souveraineté des pays du Golfe sans nommer Washington, dans un discours jugé prudent envers la Russie sur l'Ukraine.
SOURCES (6)
- G1 Globo MundoMOYEN
- UOL NotíciasMOYEN
- VejaMOYEN
- Folha MundoMOYEN
- EstadãoMOYEN
