ANGLE DOMINANT
Brasília et les milieux financiers brésiliens retiennent avant tout la dimension historique de l'opération : une introduction en bourse qui pourrait dépasser toutes celles jamais réalisées, portée par un Musk dont le contrôle politique sur la société reste quasi total malgré la cotation.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
SpaceX vise une levée de 75 milliards de dollars et une valorisation jusqu'à 1,75 trillion lors de son introduction sur le Nasdaq (code SPCX) prévue en juin 2026
- 02
Starlink a généré 11,4 milliards de dollars de revenus en 2025, soit une hausse d'environ 50 % en un an, représentant le principal moteur financier de SpaceX
- 03
Après la cotation, Musk conservera environ 79 % des droits de vote tout en ne détenant que 42 % du capital de SpaceX
ANALYSE
Brasília, 21 mai 2026. La dépêche de l'AFP reprise par le Jornal de Brasília place d'emblée l'événement sous le signe du superlatif : la SpaceX d'Elon Musk a déposé mercredi auprès de la SEC américaine les documents nécessaires à ce qui pourrait devenir «la plus grande offre publique initiale de l'histoire». La levée visée atteint 75 milliards de dollars, pour une valorisation potentielle de 1,75 trillion de dollars. La future cotation sur le Nasdaq, sous le code SPCX, est attendue pour juin.
C'est la première fois en 24 ans d'existence que SpaceX rend publiques des informations financières aussi détaillées. Le document S-1 déposé en bourse révèle un chiffre d'affaires total de 18,7 milliards de dollars en 2025, accompagné d'une perte opérationnelle de 2,6 milliards, absorbée par les investissements massifs dans les fusées de nouvelle génération et l'intelligence artificielle. Le moteur réel de la compagnie reste Starlink : le réseau d'internet par satellite a généré 11,4 milliards de dollars de revenus l'an dernier, soit une progression de près de 50 % en un an.
Le segment IA — qui regroupe xAI et la plateforme X — a dégagé 3,2 milliards de dollars de revenus en 2025, mais affiche une perte opérationnelle de 6,4 milliards, conséquence directe de la course aux centres de données pour l'entraînement des modèles. Cette ambivalence financière ne freine pas les projets de Musk : SpaceX entend déployer dès 2028 des satellites de calcul en orbite, avec pour objectif d'atteindre à terme 100 gigawatts de capacité computationnelle annuelle. Pour y parvenir, il faudra des milliers de lancements par an et le transport d'environ un million de tonnes métriques de charge utile.
La structure de gouvernance retient l'attention des analystes brésiliens : après la cotation, Musk conservera environ 79 % des droits de vote pour seulement 42 % du capital. Une concentration du pouvoir décisionnel qui laisse peu de marge aux futurs actionnaires minoritaires. L'analyste Dan Ives, de Wedbush, a qualifié l'opération de «point d'inflexion important pour le secteur spatial et technologique».
Le contexte concurrentiel n'est pas ignoré. L'IPO de SpaceX intervient quelques jours après une défaite judiciaire de Musk dans son litige avec OpenAI. Pendant ce temps, Anthropic prépare également son propre accès aux marchés publics, ce qui fait de 2026 une année potentiellement marquante pour Wall Street dans le secteur technologique. Le briefing financier rappelle par ailleurs qu'Anthropic loue déjà de la capacité excédentaire dans les centres de données SpaceX pour 1,25 milliard de dollars par mois jusqu'en mai 2029.
SOURCES (1)
source unique
