SpaceX prépare une introduction en Bourse qui viserait une levée de fonds pouvant atteindre 75 milliards de dollars, pour une valorisation située entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars. Si elle aboutit à ce niveau, l'opération constituerait la plus importante introduction de l'histoire des marchés financiers. Le prospectus déposé met en avant le poids déterminant de Starlink, le service d'internet par satellite, qui a généré 11,4 milliards de dollars de revenus en 2025, en hausse d'environ 50 % sur un an, et concentre la quasi-totalité du bénéfice opérationnel du groupe.
Dans le même temps, l'ensemble affiche une perte opérationnelle significative en 2025, principalement liée à la division d'intelligence artificielle xAI, intégrée en février 2026, qui a enregistré 6,35 milliards de dollars de pertes pour 3,2 milliards de revenus. Le document évoque aussi un contrat de location de capacité de centres de données avec Anthropic, à hauteur de 1,25 milliard de dollars par mois jusqu'en mai 2029, présenté comme une source de revenus récurrents.
La structure de gouvernance occupe une place centrale : via des actions à double catégorie, Elon Musk conserverait environ 85 % des droits de vote tout en détenant 42 % du capital, lui assurant un contrôle quasi total sur les décisions stratégiques. Avec le déploiement de Starlink dans 160 pays et territoires, une entreprise privée disposerait ainsi d'un levier de connectivité d'une portée mondiale, et sa dépendance aux contrats publics américains soulève la question de la frontière entre infrastructure commerciale et intérêt national.
Plusieurs lectures coexistent. Certains acteurs insistent sur le caractère historique du record financier ; d'autres alertent sur les risques pour les investisseurs minoritaires liés à la concentration des droits de vote et sur l'écart entre une valorisation très élevée et des fondamentaux déficitaires. La pérennité des revenus tirés de contrats fédéraux, qui représenteraient environ 20 % des recettes, fait également débat.