ANGLE DOMINANT
Paris lit cette séquence comme un signal de reconfiguration de la garantie américaine envers Taïwan, après que Trump, de retour de Pékin, a mis en garde l'île contre toute déclaration d'indépendance sous pression directe de Xi Jinping.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a déclaré sur Fox News : "Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et nous sommes ensuite censés faire 15 000 kilomètres pour faire la guerre"
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Xi Jinping a averti Trump que si la question taïwanaise était "mal traitée", les deux pays pourraient "se heurter, voire entrer en conflit"
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L'administration Trump avait approuvé en décembre un contrat d'armement de 11 milliards de dollars pour Taïwan ; un second paquet d'environ 14 milliards est en attente de signature
ANALYSE
Paris, 16 mai 2026. La visite de deux jours de Donald Trump à Pékin a produit un résultat inattendu pour Taipei : à peine rentré de Chine, le président américain a mis en garde Taïwan contre toute déclaration d'indépendance formelle. "Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15 000 kilomètres pour faire la guerre", a-t-il déclaré sur Fox News, appelant les deux parties à "faire baisser la température".
Ces propos, tenus dans l'avion du retour selon la correspondante de RFI à Pékin Cléa Broadhurst, interviennent après un avertissement inhabituellement direct de Xi Jinping lors du sommet. Le président chinois avait prévenu : "La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit." Une formulation que France 24 et 20 Minutes qualifient de fermeté particulière de la part du dirigeant chinois.
Taipei n'a pas tardé à répondre. Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a publié samedi un communiqué sans ambiguïté : "Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n'est pas subordonnée à la République populaire de Chine." Le gouvernement ajoute que la politique de Washington à son égard demeure "inchangée", et rappelle que les ventes d'armes américaines sont "clairement prévues par la loi sur les relations avec Taïwan" — un texte que Taipei présente comme un engagement de sécurité non négociable.
La question des ventes d'armes constitue précisément le nœud de la crise. Trump a reconnu ne pas avoir encore pris de décision sur ce dossier. Selon 20 Minutes, l'analyste Bonnie Glaser du German Marshall Fund estime que Pékin cherchera à convaincre Washington de bloquer de nouvelles livraisons avant la visite prévue de Xi Jinping à la Maison Blanche à l'automne. En décembre, l'administration Trump avait approuvé un premier contrat record de 11 milliards de dollars pour Taipei ; un second paquet d'environ 14 milliards attendrait encore la signature présidentielle, selon Reuters cité par France 24.
RFI note que Trump reprend "presque mot pour mot" la logique du statu quo défendue depuis des décennies par Washington : ni indépendance officielle, ni réunification forcée. Mais le contexte a changé : la pression exercée par Xi Jinping pendant le sommet constitue un signal inédit sur le locataire de la Maison Blanche. La Chine, qui considère Taïwan comme une province à réunifier depuis la fin de la guerre civile de 1949, affirme privilégier une solution pacifique tout en maintenant la possibilité d'un recours à la force.
SOURCES (4)
- 20 MinutesMOYEN
