ANGLE DOMINANT
Islamabad exige la mise en œuvre intégrale du plan de paix, tout en dénonçant les manœuvres israéliennes qui repoussent la ligne de retrait à Gaza.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump annonce un accord du « Board of Peace » pour le désarmement complet du Hamas, en phases estimées entre 200 et 320 jours (Dawn).
- 02
Le Hamas conditionne tout désarmement au retrait préalable d'Israël : « Nous n'entreprendrons aucune action... avant le retrait d'Israël de la bande » (Ghazi Hamad, cité par ARY News).
- 03
L'ambassadeur pakistanais à l'ONU Asim Iftikhar Ahmad avertit que les retards « risquent de compromettre irrémédiablement » les perspectives de paix (The Express Tribune).
ANALYSE
Islamabad, 31 juillet 2026. Le Pakistan accueille avec prudence l'annonce de Donald Trump d'un accord pour le « désarmement complet » du Hamas et un retrait israélien de Gaza, tout en réclamant sa mise en œuvre effective sans délai. Trump a qualifié l'accord, négocié au Caire sous l'égide du « Board of Peace », d'« HISTORIQUE » et d'un pas « monumental vers la paix et la sécurité », précisant que le désarmement se ferait par phases, sur une période estimée entre 200 et 320 jours selon un responsable du Board cité par Dawn. La presse pakistanaise relaie aussitôt le scepticisme ambiant : un responsable américain juge Israël « très sceptique » quant à une réelle remise des armes, tandis qu'un responsable du Hamas qualifie le texte de simple « brouillon ». Ghazi Hamad, de l'équipe de négociation du mouvement, cité par ARY News, pose une condition nette : « Nous n'entreprendrons aucune action concernant le désarmement avant le retrait d'Israël de la bande. » Il évoque des « concessions pour le bien de notre peuple, afin de les sauver de la mort et du déplacement ».
Sur le plan diplomatique, Islamabad ne se contente pas d'observer. Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadeur pakistanais Asim Iftikhar Ahmad a exhorté à une mise en œuvre intégrale du plan de paix, avertissant que tout retard « risque de compromettre irrémédiablement les perspectives d'une paix juste et durable » et l'établissement d'un État palestinien indépendant, rapporte The Express Tribune. Le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar a multiplié les appels téléphoniques cette semaine — Turquie, Égypte, Arabie saoudite, Malaisie — pour coordonner une position islamique commune, exprimant une « grave préoccupation » face aux opérations militaires israéliennes en Cisjordanie et aux violations répétées de l'esplanade d'Al-Aqsa.
Cette insistance s'accompagne d'une lecture critique du respect du cessez-le-feu sur le terrain. Dawn rapporte que l'armée israélienne a érigé plus de 42 kilomètres de barrières couvrant 85 % de la « Yellow Line » censée délimiter son retrait, avec des sections dépassant largement la frontière convenue près d'al-Mawasi et de Khan Younis — de quoi nourrir, à Islamabad, la crainte d'une occupation prolongée plutôt que d'un véritable retrait israélien.
SOURCES (3)
- The Express TribuneMOYEN
- ARY NewsMOYEN
